Le prix Albert Londres 2012 récompense Alfred de Montesquiou

 

Le prestigieux prix Albert Londres, 74ème du nom, a été attribué mercredi 23 mai au grand reporter de Paris Match Alfred de Montesquiou, 33 ans, pour l’écrit, et au tandem Audrey Gallet et Alice Odiot pour l’audiovisuel.

 

La cérémonie de remise des prix qui se déroulait au Sénat a été dédiée à Gilles Jacquier, grand reporter de France 2 victime d’un bombardement meurtrier le 11 janvier dernier en Syrie. Il avait été lauréat du prix Albert Londres en 2003 avec Bertrand Coq pour leur reportage sur Naplouse lors de la 2ème Intifada.

Parmi les 41 candidatures présentées pour l’écrit, les 23 membres du jury ont élu le reporter de Paris Match pour sa série de reportages en Syrie et en Libye. Alfred de Montesquiou a couvert les révolutions du printemps arabe pour Paris Match. Il était notamment en reportage avec Rémi Ochlik, reporter-photographe en Syrie, peu avant la mort de ce dernier dans un bombardement à Homs au côté de la journaliste américaine Marie Colvin en févier 2012. Alvaro Canovas, autre photographe qui l’a souvent accompagné sur le terrain l’an dernier avait lui été victime d’un tir de kalachnikov et blessé à la cuisse à l’été 2001 (voir photo).

Alfred de Montesquiou, qui a vécu dans les pays arabes et parle couramment arabe a estimé qu’il s’agissait d’un « privilège d’avoir vécu les révolutions arabes de l’intérieur ».

D’ors-et-déjà Journalisme.com est particulièrement heureux de pouvoir annoncer la venue d’Alfred de Montesquiou lors des prochaines Assises à Poitiers le mardi 2 octobre 2012 pour un débat sur la nouvelle génération de grands reporters, dite « génération Printemps Arabe » auquel devrait aussi participer Edith Bouvier.

 

 

Paris Match et France 5 récompensés

 

Dans la catégorie audiovisuel, le Prix récompense un reportage intitulé « Zambie, à qui profite le cuivre », produit par Yami2 et diffusé sur France 5 en juin 2011.

Ce documentaire de 52 minutes relate l’exploitation, dans tous les sens du terme, de « l’or rouge », et notamment d’une des plus importantes sources d’approvisionnement en cuivre du monde, la Zambie, classée parmi les pays les plus pauvres du monde.

Les deux journalistes Audrey Gallet et Alice Audiot avaient mis en oeuvre leur projet seules, avant de convaincre un producteur d’assurer la suite de leur travail.

Le reportage raconte comment la plus puissante société suisse de négoce de matières premières, « Glencore » premier fournisseur de cuivre au monde en commercialise le minerai de Zambie dans des conditions douteuses et dangereuses.

Recevant leur distinction, considérée comme la plus haute récompense pour les journalistes français, Audrey Gallet a détaillé les conséquences qu’avaient eu la diffusion de leur reportage. « Le lendemain, la Banque européenne d’investissements (BEI) a annoncé un moratoire n’accordant plus aucun crédit à Glencore et une semaine plus tard, le gouvernement Zambien demandait à la société de s’acquitter des taxes impayées », a-t-elle raconté.

 

 

Pour lire ou relire l’un des reportages en Libye d’Alfred de Monstesquiou :

La bataille sans fin de Misrata par A.de.Montesquiou