Google : pas de taxe mais un accord

 

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Vendredi 1er février, après deux mois de négociations, un accord a été conclu entre Google et les éditeurs de presse français. Ces derniers, qui reprochaient à Google de « cannibaliser » leurs articles sans verser aucun droit, réclamaient depuis de nombreux mois l’application d’une « taxe Google ».

 

L’accord finalement conclu ne prendra pas la forme d’une taxe, mais prévoit la mise en place par Google d’un fonds d’aide à la transition numérique. Doté de 60 millions d’Euros, ce fonds sera destiné à financer des projets dits de « changements structurels » et sera réservé à la seule presse d’information généraliste, « pure players » compris.

Dans une interview accordée à Emmanuel Berretta du magazine Le Point, Louis Dreyfus, le président du directoire du Monde, estime que cet accord « arrive au bon moment », notamment, explique-t-il, pour « les quotidiens et petits magazines fragilisés par la décomposition du système de distribution de la presse. »

Mais il reste insuffisant, cependant : « Cet accord ne modifie en rien le modèle économique de la presse et ceux qui comptent sur les aides (…) pour s’en sortir, se trompent, souligne-t-il. La presse ne pourra compter que (…) sur le renouvellement de son offre pour s’en sortir. »

Sur le site Slate.fr, Andréa Fradin n’hésite pas à parler d’une « nouvelle perfusion » pour une presse déjà très aidée, et ce, ajoute-t-elle, « au prix d’une campagne de lobbying à ciel ouvert, prenant le risque de dévoiler ses liens rapprochés avec le pouvoir. »

Bonne nouvelle, cependant, selon elle, même si on ne connaît pas encore le mode de fonctionnement et les conditions d’attribution de ces nouvelles aides, celles-ci ne devraient servir qu’au seul financement de projets innovants. « Ce qui pourrait permettre l’émergence d’outsiders, écrit Andréa Fradin. Et qui sait ? De nouveaux modèles économiques. »

Le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil), qui s’était vivement opposé à la création d’une taxe, souhaite quant à lui une totale transparence de cet accord : « La composition de la commission d’attribution des aides doit être connue rapidement, écrit-il dans un communiqué publié le 3 février ; les critères d’attribution doivent être divulgués ; les projets financés, leur montant et les bénéficiaires doivent être rendus publics. »