Les préconisations des Ateliers 2009

Les préconisations des Assises 2009

« Quelle information pour demain ? »

 

Les propositions des Assises du Journalisme

 

 

CARTE de PRESSE, ETHIQUE, et MEDIATION

 

– Redéfinir ce qui détermine le statut dujournaliste et légiférer si nécessaire :

Intégrer dans ce nouveau statut les spécificités desnouveaux métiers du web, comme par exemple l’animation de communauté.

Baser le statut du journaliste sur son « droit à laréflexion », opposable aux exigences de rapidité et de rentabilité deséditeurs.

– Enrichir les critères d’attribution de la carte depresse :

Au-delà de la seule condition de revenus, ne remettre lacarte de presse qu’à l’issue d’une formation déontologique et juridique.

– Annexer le code de déontologie élaboré par le Comité dessages (à la suite des Etats Généraux de la presse écrite) à la conventioncollective des journalistes.

– Créer une instance de médiation collective qui soitaccessible à l’ensemble des médias, en complément des médiateurs intégrés auxentreprises de presse.

– Associer des représentants des publics à la constructiondes instances de médiation, aux côtés des éditeurs et des journalistes.

– Faire de l’organisme de médiation collective, instanceindépendante, le garant de l’application du code de déontologie.

– Rattacher l’organisme de médiation collective à laCommission de la carte de presse.

 

 

FORMATION :

 

FORMATION INITIALE

– Différencier clairement les filières de formation descommunicants des filières de formation des journalistes.

 

FORMATION CONTINUE

– Réaffirmer ou réinventer la méthode journalistique pour le web, au fil de formations longues,qui marient l’apprentissage des techniques à la revalidation du fond :travail sur les sources, mise en forme des informations, réinvention du récitjournalistique à travers les techniques multimédia.

– Amener les directions des journaux à définir les besoinsde formation de leurs journalistes avec plus de clarté et à plus long terme,pour sortir de la vision utilitaire imposée par les restructurations et lesplans sociaux.

 

 

NUMERIQUE :

 

WEB

– Inventer de nouveaux modèles économiques permettant derémunérer l’ensemble des acteurs de la nouvelle chaîne de l’information, qu’ilssoient journalistes, experts ou blogueurs.

– Apprendre à utiliser tous les outils multimédia, de façonà pouvoir construire une nouvelle forme de récit journalistique, à inventerdans le cadre d’une dynamique collective.

– Développer et reconnaître le journalisme de conversationcomme un travail journalistique à part entière. En répondant lui-même auxquestions et critiques, en modérant les commentaires reçus, en enrichissant sontravail avec les informations des internautes, en les faisant même participeraux conférences de rédaction, le journaliste renonce au journalisme ditvertical, ce qui peut permettre au journalisme en général de reconquérir sacrédibilité.

 

HYPERLOCAL

– Dans l’attente d’un modèle économique viable, la balle estaux médias traditionnels qui doivent s’appuyer sur leur « marque » etsur leur crédibilité pour lancer l’expérimentation.

– Refuser de s’appuyer sur un modèle économique qui neferait pas clairement la distinction entre information et publicité.

 

INFOS SUR MOBILE

– Multiplier et soutenir les expérimentations dans letraitement de l’information sur téléphone mobile. La généralisation des smartphones peut permettre de produireune information plus riche et plus réactive. Une nouvelle hiérarchisation del’information peut être générée, dictée par les préférences de l’utilisateur oupar sa position géographique. Le smartphonepeut permettre aussi de produire des images et de les partager en temps réeltout en étant au cœur de l’actualité.

 

 

DIVERSITE

– Instaurer plus de transparence dans les politiques derecrutement, en publiant notamment sur le web toutes les offres de postes.

– Etablir des objectifs clairs quant à l’intégration de ladiversité dans les recrutements.

– Permettre aux journalistes issus des communautésminoritaires de traiter tous les aspects de l’actualité, et pas seulement lesquestions ayant trait aux communautés.

– Choisir les témoins et les sources d’information de façonà inclure des personnes d’horizons variés, et leur donner la parole sur tousles aspects de la vie sociale, et pas seulement sur les questions liées auxminorités ethniques.

 

 

Les préconisations atelier par atelier :

 

Atelier 2 :  Communicants / Journalistes : Comment mieux travailler ensemble ?

 

Les préconisations :

1 – Rester dans son rôle :

Parce qu’informer n’est pas communiquer, journalistes et communicants doivent assumer pleinement leur rôle spécifique, dans le respect d’une indispensable distance de sécurité. Si le rôle du communicant est d’agir dans le cadre de la stratégie de son entreprise, le rôle du journaliste estd’exercer son esprit critique et de croiser les différents points de vue sur un sujet donné.  La transparence totale reste une utopie.

2 – Différencier clairement les filières de formation.

Les deux métiers sont complémentaires, mais procèdent d’une démarche et d’une intention différentes. Les règles de déontologie propres à chaque profession sont de fait différentes et doivent s’acquérir dans des formations spécifiques à l’exercice de chacun des deux métiers.

3 – Donner aux journalistes les moyens de jouer leur rôle :

Les problèmes apparaissent lorsque, du fait du contexte économique, les journalistes n’ont pas les moyens, du fait des pressions qu’ils subissent ou par manque de temps, d’exercer leur esprit critique. Cela peut être le cas par exemple en PQR, où on attend du journaliste qu’il soit multipolyvalent, faute de moyens financiers.

4 – Faire participer le communicant à la stratégie de l’entreprise :

La valeur ajoutée du communicant s’exerce pleinement lorsqu’il est en situation de contribuer à la définition de la stratégie de l’entreprise, et qu’il joue un rôle engagé dans la prise de décision. Cantonner un communicant à la stricte mise en oeuvre d’une stratégie décidée sans sa contribution est contre-productif.

Le pitch et les intervenants :

(En partenariat avec  Syntec, syndicat des entreprises spécialisées en communication et Relations Publiques

Politique, business, institutions scientifiques : au-delà de la nécessaire « distance de sécurité » entre les journalistes et les communicants, le temps est au dialogue afin d’identifier et d’affiner les bonnes pratiques permettant de produire une information de qualité.

Communication de crise, utopie de la transparence, certification de la formation des communicants, communication vers le web et modération, éducation du lectorat : voici quelques-unes des thématiques qui seront abordées au fil de cet atelier.

Syntec (syndicat fédérant 37 agences de communication et de relations publiques) y présentera son projet de charte de déontologie."

Animateur : Anne-Marie Jean, Déléguée relations territoriales pour le groupe La Poste

Intervenants :

Sylvain LAPOIX, Journaliste à Marianne2.fr

Bernard KERN, Directeur de cabinet à la délégation régionale d’EDF

Aymeric CARON, Journaliste à Europe 1

Christophe NONNENMACHER, Chargé de relations presse au Parlement Européen

Stéphane BILLIET, Président de SYNTEC

 

Atelier 3 : Quelles informations sur mon mobile ?

 

Les préconisations

– Multiplier et soutenir les expérimentations dans letraitement de l’information sur téléphone mobile. La généralisation dessmartphones peut permettre de produire une information plus riche et plusréactive. Une nouvelle hiérarchisation de l’information apparaît, dictée parles préférences de l’utilisateur ou par sa position géographique. Le smartphonepeut permettre aussi de produire des images et de les partager en temps réeltout en étant au cœur de l’actualité.

 

Le pitch et les intervenants :

 

Dans 5 ans,  prés de la moitie des européenssurfera sur Internet via son mobile ! Le téléphone mobile dont onpressent qu’il sera peut être demain le premier vecteur de diffusion del’information.

 

Au-delà des paris technologiques en cours, quelle informationde qualité peut-on offrir sur un mobile ? Quelle forme d’écriture ?Quels formats ?  Quelle validation de l’information ? Quelle nouvelle façon de travailler ?

Animateur : Benoit RAPHAEL, rédacteur en chef du Post

Intervenants :  

Matthieu STEFANI, directeur associé de  « Citizen Side »

Emmanuel TORREGANO, journaliste, fondateur du site « Electron Libre »

Julien DREHER,  Co fondateur de « La Netscouade »

Michel LEVY-PROVENCAL. Directeur du studio Multimédia de France 24

 

 

Atelier 4 : Une charte de déontologie en 2010 ?

 

Les préconisations :

1 – Rédiger une charte de déontologie nationale est indispensable :

L’idée d’une charte d’éthique négociée entre partenaires sociaux a été
retenue aux Etats Généraux de la Presse Ecrite, son élaboration par un
comité de sages était presque terminée au moment des Assises.

2 – Que reste-t-il à faire pour que cette charte soit annexée à la convention collective des journalistes ?

Plus personne ne doute de la nécessité d’un code national de déontologie, la
question est aujourd’hui de savoir si les parties prenantes joueront le
jeu et finiront par se mettre d’accord pour que ce texte soit annexé à
la convention collective.
 

3 – Un organisme indépendant doit garantir l’application de la charte :

Une charte ou un code sans organisme qui en garantisse
l’application resterait inutile. Un consensus se dégage aujourd’hui sur
sa composition : des éditeurs de presse, des journalistes et des
représentants du public, ce qui est nouveau.
Cette instance de médiation pourrait être rattachée à la Commission de
la carte. Il est dorénavant clair que l’un ne peut pas exister sans l’autre, et
vice-versa.

Le pitch et les intervenants :

Une Charte de déontologie annexée a la convention collective ! C’est l’une des préconisations majeures retenues par le Président de la République lors des EGPE en janvier.  A partir des chartes de 1918, de 1971 et du projet de « Charte Qualité » issue des Assises, Un comité animé par Bruno Frappat est chargé de proposer un texte qui permette aux organisations patronales et salariées d’adopter enfin un code d’éthique et de déontologie applicable a toute la profession.

Quelles sont les conditions à réunir pour obtenir cet accord en 2010 ? Quelles sont les craintes, fondées ou infondées que peut susciter son adoption ? L’annexion à la convention collective est elle impérative, ou doit elle être le texte de référence d’une instance de médiation ? Quelle articulation avec les chartes d’entreprise ? Comment les journalistes et les éditeurs peuvent s’engager ensemble pour faire de ce texte la base d’un nouveau contrat de confiance avec le public ?

L’Atelier fait le point pour déminer et progresser.

Animateur : Nathalie DOLLE. Journaliste, et Jérôme BOUVIER. Journalisme & Citoyenneté.

Intervenants :

Jean Marie Dupont. Président du Clémi

Jacques MORANDAT. Directeur de la FFAP. Fédération Française des Agences de Presse.

Olivier Da Lage. Red Chef RFI.  SNJ

Nicolas THIERRY. AFP. Secrétaire Général des Journalistes CFDT

Alain BOULONNE ? Ancien PDT de l’Yonne Républicaine.

 

Atelier 5 : Information et Diversité en Europe : quels recrutement, quels contenus ?

 

Les préconisations :

A. Les organisations de médias, pour combattre activement la discrimination en matière d’emploi, devraient :

•    publier en ligne toutes les vacances de poste, procéder aux nominations de manière impartiale et non discriminatoire, et rendre les résultats publics, comme toute première étape permettant d’offrir un accès impartial et équitable aux emplois aux candidats de tous milieux et de tous horizons.

•    publier leurs politiques d’emploi et de recrutement.

•    établir et communiquer des objectifs clairs et quantifiables, tels que des objectifs minimum de diversité dans les recrutements, les heures minimum annuelles de formation pour le personnel, et des objectifs concrets de représentation ; ces objectifs de recrutement devraient refléter la composition de la population.

•    permettre aux journalistes des communautés minoritaires de rendre compte de tous les aspects de l’agenda des médias et pas seulement des questions ayant trait aux communautés.

C. Les journalistes et organisations de journalistes (syndicats…) pourraient :

•    endosser une responsabilité personnelle dans la remise en question des comportements et présupposés racistes dans les salles de rédaction et faire attention à ce qu’ils rapportent et à la manière d’en rendre compte à la lumière des lignes directrices susmentionnées

•    élargir leur éventail de contacts et de sources pour inclure des personnes d’horizons divers auxquelles il sera demandé de commenter tous les aspects de la vie de la société et non pas seulement les questions liées aux minorités ethniques

D. Le Conseil de l’Europe, en tant que facilitateur et dans le cadre de la campagne, devrait :

•    faciliter le travail avec les organes représentatifs des médias et leurs homologues journalistes afin de développer des lignes directrices visant à mettre un terme à la discrimination sur le lieu de travail et à créer une culture interne assurant une promotion active de la non-discrimination dans tous les aspects du recrutement des journalistes et présentateurs

•    encourager la collaboration avec l’AIPCE et l’EPRA afin d’explorer les possibilités de mettre en place des clauses « standard » sur la discrimination et la diversité dans les codes d’éthique. Ces clauses « standard » devront tenir compte des codes existants et du cadre des droits de l’homme du CdE.

 

 

Le pitch et les intervenants :

 

Organisé par le Conseil de l’Europe. Campagne « Dites non à la Discrimination ! »

Depuis plusde 15 ans, et plus récemment pour d’autres, de nombreux mediaeuropéens, notamment de l’audiovisuel, ont développé des actionsvolontaristes tant en matière de recrutement que de politiqueséditoriales, visant à promouvoir l’expression des diversitésconstitutives de nos sociétés et à lutter contre les discriminations.Aujourd’hui, alors que ces pratiques volontaristes se diffusent enEurope, de nombreuses interrogations persistent sur leurs apports,leurs limites ou encore leurs résultats. A partir d’exemples concretsempruntés à des éditeurs et des diffuseurs hongrois, turcs,britanniques, français ou encore italiens, l’atelier « Information& Diversité en Europe ; Quels recrutements ? Quels contenus ? »,organisé dans le cadre de la Campagne Dites non à la Discrimination duConseil de l’Europe, veut apporter un éclairage dynamique, critique etconstructif sur ces différentes pratiques et favoriser l’échange avecles participants venus de différents univers médiatiques et de diverspays européens. Par cet échange, cet atelier entend favoriser uneréflexion sur les actions envisageables au sein de l’industriemédiatique pour continuer à favoriser la lutte contre lesdiscriminations et promouvoir l’expression de toutes les diversités enEurope. 

Animatrice

Réjane EREAU, rédactrice en chef adjointe, Respect Magazine – France 

Participants

Sue Caro, Senior Diversity Manager ou Paul Deal, BBC College of Journalism pour la BBC – (Radio télévision publique britannique) – Londres – Royaume-Uni

Oona King, coordinatrice du réseau pour la CDN (CulturalDiversity Network, réseau des TV britanniques (BBC, Chanel 4, ITV…)dédié aux questions de diversité) – Londres – Royaume-Uni

Gennaro Schettino, directeur de la rédaction online de La Repubblica (Presse écrite) – Rome – Italie

Judith Klein, Chef du département Diversité de MTV – (Magyar Televisio, Télévision publique hongroise) – Budapest – Hongrie – (Judith Klein, Chef du département Diversité)

Jean-Luc Aplogan, chargé de mission pour la diversité culturelle et l’intégration à Radio France (Radio publique française) – Paris – France

Semra Güzel Korver, Documentariste / productrice, chargée de la diversité à TRT – (Radio télévision publique turque) – Istanbul – Turquie

Hilde Mertens, rédactrice en chef ou Gianni Marzo, responsable Diversité de VRT (Radio télévision publique flamande) – Bruxelles – Belgique

Gualtiero Zambonini, responsable Diversité ou Birand Bingül, directeur du programme Cosmo de WDR (Radio télévision publique allemande) – Cologne – Allemagne

Grands Témoins

Eric MACE – Sociologue – Université de Bordeaux – Auteur du Rapport CSA Perception de la diversité dans les programmes de télévision

 

Atelier 7 : Bien informer en .fr, est-ce possible ?

 

Les préconisations

1- S’ouvrir au journalisme de conversation et le considérer commeune part essentielle du travail des journalistes. C’est un moyen pourceux-ci de retrouver une crédibilité auprès du public.
2- Savoir manier les outils multimédias, non pourêtre un journaliste "shiva" mais pour être capable de construirecollectivement un nouveau récit journalistique.
3-Trouver de nouveaux modèles économiques permettant d’assurer laviabilité des médias et de rémunérer de manière satisfaisantel’ensemble des acteurs de la nouvelle chaîne de l’information,journalistes, experts, blogueurs.
 
Le pitch et les intervenants  :
 

Ladiffusion de la presse quotidienne papier diminue et l’audience dessites web continuent de croître. Un phénomène qui dure depuis plusieursannées déjà même si ce passage d’un support à l’autre pourl’information n’a pas encore trouvé de modèle économique viable. Malgréle succès public, il y a une grande méfiance de certains journalistestraditionnels vis-à-vis des sites d’information et de la qualité deleur contenu.  Régulièrement des articles de presse écrite font grandbruit sur les conditions de travail des jeunes journalistes dans lesrédactions web. Ils seraient mal-payés, ils travailleraient trop vite,ils ne sortiraient jamais. Conditions déplorables qui provoqueraientdes erreurs dans les articles. Aujourd’hui, entre les sceptiques et lesamoureux de web, le fossé est large. Alors, bien informer sur le webest-il possible ? Comment ? Que faut ou faudrait-il faire ? Quellessont les erreurs à éviter ? Quelles sont les pratiques à bannir ?

Animateur : Marc MENTRE, Directeur de la filière Journalisme à l’Emi-Cfd

Intervenants :

Pierre HASKI.  Directeur Rue89

Pierre France. Journaliste DNA

Eric METTOUT.  Rédacteur en chef L’Express.fr

Sylvain LAPOIX.  JournalisteMarianne2, membre du DJIIN, groupe pour le Développement duJournalisme, de l’Information et de l’Innovation Numérique

Jean-Marie CHARON. Sociologue. EHESS

 

 

Atelier 8 : Fiers d’être journaliste … Que certifie la carte de presse?

 

Les préconisations :

1 – Redéfinir ce qui fait le statut de journaliste :

A l’heure où le métier de journaliste se transforme sous l’influence croisée des nouvelles technologies, de la concurrence multiforme des internautes et de la précarisation des entreprises de presse, il est absolument crucial de définir un nouveau statut du professionnel de l’information. Il faut donc légiférer en revenant sur la loi de 1935, déterminer ce qui fait la qualité d’un journaliste en dehors de la seule définition tautologique (est journaliste celui qui vit en majorité des revenus de journalistes). Il importe donc de définir ce qui fait aujourd’hui un journaliste dans le champs de la modernité (donc en intégrant les nouveaux métiers du web autour de l’animation de communautés par exemple).
Un consensus s’est dégagé autour du "stop je réfléchis", formule lancée par Jean-Michel Dumay et reprise plusieurs fois, pour être confortée, dans la salle.
Un nouveau statut du journaliste pourrait ainsi intégrer un droit à la réflexion qui puisse être opposable aux exigences de rapidité-rentabilité des propriétaires de médias.

2 – Créer une instance de médiation intégrant le public :

Il s’est dégagé un relatif consensus pour laisser une plus grande place au public dans les instances professionnelles de la profession. L’idée d’associer des représentants de la société civile (associations de citoyens ou de consommateurs) dans l’instance de médiation a été plusieurs fois évoquée.

3 – Enrichir les critères d’attribution de la carte de presse :

Il importe de ne pas remettre la carte de presse sans une formation déontologique et juridique digne de ce nom. Les témoignages montrent que les jeunes journalistes sont toujours fiers d’avoir leur carte, mais souvent étonnés aussi de la facilité déconcertante avec laquelle elle leur est remise.
La question des journalistes perdant leur carte car ils participent à la presse d’entreprise a aussi été posée. Il serait sans doute judicieux de ne plus lier le statut de journaliste à la seule question de la rémunération (cela éviterait d’ailleurs des détournements chez des employés d’entreprises de presse non journalistes).

Le pitch et les intervenants :

Que certifie la carte de presse,  si ce n’est une réalité économique ! A droit à la carte de presse aujourd’hui celui ou celle qui tire plus de 50% de ses revenus de l’exercice du journalisme. Cette certification nécessaire d’une pratique professionnelle est elle suffisante ? Alors que le public perd de plus en plus confiance, la carte de presse ne doit elle pas certifier aussi une pratique de qualité (et pourquoi ne pas risquer le mot) : une déontologie ?

La crainte que toute réforme en ce sens conduise à la création de quoi que ce soit qui ressemble à un Conseil de l’ordre a gelé la réflexion sur ces sujets depuis trop longtemps. Peut-on donner de nouvelles ambitions à la carte de presse ? Peut-on revaloriser son obtention ? Sa remise ? Son renouvellement annuel ?

L’atelier propose d’inventorier toutes les propositions qui ont été faites à la CCIJP,  aux EGPE, aux Assises et ailleurs pour tenter de dégager les consensus qui permettraient d’avancer.

Animateur : Amaury de ROCHEGONDE. Chef du service médias du magazine Stratégies

Intervenants :

Jacques TRENTESEAUX, Rédacteur en chef L’Express. Président de la SDJ

Agnès CHAUVEAU. Historienne. Directrice excécutive de l’Ecole de journalisme de Sciences PO

Pierre DELIMAUGES. Ancien Président de la Commission de la Carte de Presse

Philippe MERLANT. Rédacteur en chef La Vie.

 

 

Atelier 10 : Se former au multimédia tout au long de la vie ?

 

Les préconisations :

–  Le besoin de formation pour les "journalistes de plume" (reporter,par exemple) est récent. Jusqu’à il y a peu (4 ou 5 ans) ilsn’éprouvaient pas le besoin de se former, ni leur direction lanécessité de les envoyer en formation. Pour cette raison, on voitaujourd’hui arriver dans les centres de formation des journalistes quin’ont reçu aucune formation de toute leur carrière (15, 20, voire 30ans)

– Le web fait donc naître un besoin de formation massif, depuis environ4 ou 5 ans. Il s’agit donc d’une demande très particulière qui concernetout ce qui touche au web, essentiellement ses aspects techniques:maîtrise de l’écriture et de l’édition sur le web, maîtrise du son (etdu montage), maîtrise de la vidéo (cadrage et montage)… et relativementfaiblement ce qui touche au "journalisme de conversation" (formationpour devenir community manager). C’est donc pour résumer une demandeforte, à court terme (simple adaptation), et qui porte essentiellementsur des points techniques.

– les centres de formation se sont organisés pour répondre à cettedemande, mais s’interrogent sur leur mission:  pour eu il s’agit dedépasser ce simple stade —ponctuel— d’apprentissage de techniques, etd’inscrire les formations qu’ils proposent dans un processus plus longde réinvention (ou de réaffirmation pour Alain Chanel du CUEJ) de cequi fait la spécificité du journalisme : le travail sur les sources, lamise en forme des informations et surtout le récit journalistique donttout le monde s’accordait pour dire que le multimédia permettrait de le"réinventer".

– Un point particulier a été soulevé lié à la période d’incertitude queconnaissent les médias en ce moment (licenciements, restructurations…).Le "flottement" des directions sur le projet qu’elles veulent mettre enœuvre pour le(s) site(s) de leur média est apparu pénalisant auxintervenants. Cela a double effet:
           • les publics envoyés en formation y sont soit hostiles ("onnous fait apprendre ça pour nous faire travailler plus…") soit au mieuxneutre. Il n’y a pas le moteur d’un projet fort et lisible pourentraîner l’adhésion
          • le plan de formation lui-même est difficile à mettre enœuvre, les directions ne sachant pas elle-même ce vers quoi ellesveulent s’engager, donc ne connaissant pas précisément leurs besoins deformation.

– En revanche, il est apparu très clairement que les besoins deformation ne pourraient que s’amplifier dans les années à venir enraison des évolutions que va amener à connaître le journalisme dans lesannées à venir.

Le pitch et les intervenants :

En partenariat avec l’EMI-CFD, L’Ecole des métiers de l’information

Journalistes de presse écrite, journalistes radio,journalistes télé : hier, il existait autant de formes de journalismeque de médias. Avec le numérique, les frontières deviennent poreuses,et de nouvelles formes comme le web documentaire ou le journalisme dedonnées sont rendues possibles. Désormais, chaque professionnel doitposséder des compétences multimédia, et s’adapter à une évolutiontechnologique qui s’accélère. Au-delà de la dimension technique, tousles aspects du métier sont concernés, du recueil de l’informationjusqu’à la relation avec le public. Sur chacun de ces points, il estaujourd’hui impératif de réfléchir et de se former, pour ne plus subirles mutations, mais au contraire travailler à les anticiper…

 Animateur :

Intervenants :                                 

Pierre FRANCE,  journaliste multimédia aux DNA

Thierry GOEDDERTZ, Directeur général de Mediafor ?

Chris LUDHOR, Directeur du développement à l’Afdas ?

Marc MENTRE, Directeur de la formation Journalisme à l’Emi-Cfd

Valérie PAILLER, directrice de la formation presse écrite au CFPJ

Judith RUEFF, fondatrice de l’agence multimédia Ligne 4

 

Atelier 11 : Presse, Web, Radio, TNT, l’avenir est il a l’hyper local ?

 

Les préconisations :

– Les temps forts du débat :

«L’information locale ne se réduit pas à l’actualité locale », estimeHubert Coudurier, directeur de l’information du Télégramme. En clair,l’information locale ne concerne pas seulement les faits (l’info pureet dure), elle comprend également l’info services et l’info loisirs.

«C’est le bénéfice lecteurs, voire le bénéfice consommateur, qui compteavant tout », renchérit Michel Lallement, directeur général dePilipili, un brin provocateur, en parlant d’information commerciale (ouinfomercial), de marketing et autre publirédactionnel.

Un argument qui fait bondir plusieurs journalistes dans la salle,ulcérés par la composition (volontairement diversifiée) du plateau.Pour eux, la présence de Michel Lallement, considéré comme le «représentant de la publicité », et de Nicolas Guillaume, blogueur nonjournaliste suspecté « d’alimenter les rumeurs », est « scandaleuse »dans l’enceinte des Assises du journalisme.

Un avis qui n’est pas forcément partagé par toute la salle, pour qui laprise en compte de la nécessité économique est une évidence, y comprispour des journalistes localiers ou des journalistes animateurs de sitesd’information locale.

Le constat de fond, objet d’un certain consensus :

Globalement, à la question posée au départ –« L’avenir est-il àl’hyperlocal ? »-, un consensus s’est dégagé pour répondre parl’affirmative. A condition, néanmoins, pour les canaux d’informationslocales de trouver un vrai modèle économique.

Les recommandations :

Attention, l’hyperlocal (ou tout simplement le local) n’est pas uneldorado. Si les tendances de consommation et l’appétence des Françaisvont vers la recherche d’infos locales, ils ne sont pas prêts à toutaccepter, et encore moins à payer (d’où la question du modèleéconomique).

 Les médias traditionnels (presse, radio, télévision) ont une carte àjouer, car ils bénéficient d’un capital de marque, dont ne bénéficientpas les nouveaux entrants, notamment sur le Net, qui souffre encored’un manque de crédibilité.

Surtout ne pas mélanger les genres. La recherche obligatoire d’unmodèle économique ne doit pas masquer une autre contrainte : il fautclairement distinguer information et publicité

Le pitch et les intervenants

En partenariat avec les Clés de la Presse

Dans la recherche essoufflée de martingales éditoriales, unepetite rumeur prend peu à peu consistance : l’avenir serait à l’HyperLocal ! Infos de proximité, infos de services, circonscrire le tumultedu monde au plus prés du quotidien de chacun .

En partenariat avec les Clés de la Presse, les Assises ontdressé l’inventaire des expériences en cours et en auscultent quelquesunes dans chaque média.

Animateur : Didier FALCAND . Directeur des Clés de la Presse

Les intervenants  présents :

Hubert Coudurier. Directeur de la rédaction du Télégramme de Brest

Michel LALLEMENT.  Pili.Pili

Nicolas GUILLAUME. projet Regioo.fr (Réseau régional d’info)

 

Atelier 12 : Quelle médiation entre les journalistes et leur public ?

 

 

Les préconisations :

1 – La médiation entre les professionnels des médias et leur publicdoit être accessible à tous les niveaux, mais aussi pour tous lesmédias, sous diverses formes, avec en particulier des médiateursd’entreprise et une instance collective de médiation.

2 – Le temps des alliances entre le public et les professionnels estvenu. Le public doit impérativement être associé à toutes ces démarchesde construction d’instances de médiation.

Le pitch et les intervenants :

En partenariat avec l’APCP, le Club des Médiateurs, et Information et citoyenneté 

Comment prendre en compte les critiques et les plaintes dupublic dans les petits comme dans les grands médias ? Quelle est lamédiation la plus efficace pour instaurer une nouvelle relation entrejournalistes, éditeurs et publics ? Ce rôle doit il être confié à des  « médiateurs »comme il en existe dans une quinzaine de grandes rédactionsfrançaises ? A chaque journaliste grâce au dialogue immédiat -voire lacoproduction d’information-   que permet Internet ? A uneinstance nationale de type « Conseil de presse » comme il en existeaujourd’hui dans une centaine de pays ?  Comment articulerentre eux ces dispositifs ? Doivent-ils se limiter à organiser ledialogue avec le public ou permettre a ce dernier d’interpeller laprofession sur ses règles éthiques ? A partir de situations extrêmement diverses, peut on dessiner les contours pertinents pour la médiation de demain ?

Animateur : Loïc HERVOUET. Ancien directeur de l’ESJ Lille.

Intervenants :

Patrick BERTHOMEAU. Médiateur du journal Sud Ouest

Christine MENZAGHI. Information & Citoyenneté. 

Eugen CIBOTARU. Divisiondes médias et de la société de l’information, Direction générale desdroits de l’homme et des affaires juridiques, conseil de l’Europe

Augustin SCALBERT. Journaliste Média. Rue 89

Yves AGNES. Président de l’APCP. Association de Préfiguration d’un Conseil de Presse