Aux origines de la carte de presse

Conséquence de l’industrialisation de la presseUn brassard et une carte de presse
La fin du XIX siècle marque une période de développement des journaux qui augmentent leur tirage et leur pagination. La presse se transforme, s’industrialise. L’effectif des journalistes augmente. Et pourtant le journalisme est toujours considéré comme un passe-temps et non une profession en soi.

Convention collective avortée
Cette période marque aussi le développement des associations de journalistes. Celles-ci se regroupent lors d’un congrès à Paris en 1900, où elles proposent la création d’une carte d’identité des journalistes. Une carte internationale de journaliste sera effectivement distribuées à partir de 1928 par la FIJ (Fédération internationale des journalistes), mais seulement à ses adhérents. Elle servira surtout à faciliter les voyages et l’exercice du métier à l’étranger. Les journalistes restent dépourvus de statut professionnel. Les syndicats de journalistes tenteront bien de mettre en place une convention collective avec les organisations patronales, mais les négociations échouent.

Professionnaliser le journalisme
La loi du 29 mars 1935, clarifie la situation et institue la carte d’identité des journalistes professionnels. Le Parlement confie le soin d’attribuer cette carte à une Commission de professionnels. La Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) est créée en 1936. Les premières cartes sont émises entre 1936 et 1945, mais elles ne sont pas obligatoires.

Epurer la profession
La Seconde guerre mondiale change la donne. Après 1945, la Commission est chargée d’épurer la profession en refusant la carte aux journalistes ayant collaboré pendant l’occupation. Une ordonnance est émise le 30 septembre 1944, elle institue une nouvelle carte de presse obligatoire, celle qui est reconnue aujourd’hui. A partir de 1946, avec la fin de l’épuration la carte perd son caractère obligatoire.

Une exception française
Aujourd’hui la carte de presse n’est pas obligatoire mais, la convention collective oblige les entreprises de presse signataires à ne pas employer de journalistes sans carte plus de 3 mois d’affilés. La carte de presse reste une exception française, seul pays démocratique où elle est distribuée par un organisme, au nom de l’Etat. Des cartes professionnelles existent dans d’autres pays mais celles-ci sont délivrées par les employeurs ou les syndicats de journalistes.