Wilfrid Estève

Wilfrid EsteveL’Association Nationale des Journalistes Reporters Photographes et Cinéastes (ANRPC -Freelens) mène le combat pour les droits des photojournalistes depuis plus de 40 ans. Parmi ses membres illustres on compte Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson ou encore William Klein. Aujourd’hui l’association regroupe plus de 300 journalistes, des reporters pigistes indépendants, des collaborateurs d’agence mais aussi des JRI, cinéastes et cadreurs.

Wilfrid Estève, actuel président de l’ANJRPC-Freelens et ancien de "Freelens", se bat pour un meilleure reconnaissance du photojournalisme.

Pourquoi avez-vous décidé de vous regrouper au sein de "Freelens"?

L’ANJRPC existe depuis 1962,  elle a été créée par trois reporters photographes du Dauphiné Libéré. Freelens est née en juin 2000. A l’origine, il s’agissait d’un mouvement spontané en réaction aux contrats abusifs proposés par des magazines comme Marie-Claire, qui demandaient aux photographes de céder leurs droits au groupe. Nous avons alors rédigé un manifeste qui a recueilli 2500 signatures et nous avons finalement réussi à mettre un frein à cette pratique. Freelens a donc rejoint l’ANJRPC  qui se bat depuis très longtemps pour les droits des photographes. Comme Freelens a concentré beaucoup de jeunes photographes autour du manifeste, la fusion entre les deux associations a eu pour effet de rajeunir le profil des adhérents de l’ANJRPC.

Quels est le rôle de l’ANJRPC-Freelens aujourd’hui ?

Les photographes sont peu syndiqués et souvent absents dans les conventions collectives. Aussi nous intervenons beaucoup dans le domaine du droit social, des négociations salariales. Nous voulons également lancer la réflexion sur des thèmes tels que la liberté d’informer, la protection des sources, la déontologie et l’éthique que nous surveillons tant du côté des photographes que des journaux. Nous intervenons auprès des écoles, organisons des conférences, des tables rondes… Il y a un travail important à faire auprès du public également car notre profession est caricaturée, les gens pensent que nous gagnons très bien notre vie, que le photojournalisme se limite aux paparazzis. Il faut leur expliquer qu’on ne fait pas n’importe quoi quand on est journaliste.

Quels défis reste-t-il à relever pour le photojournalisme ?

Beaucoup de choses se jouent par rapport au web, la photographie tente de percer ce nouveau langage. Les barèmes restent à définir mais aussi les utilisations possibles. Nous surveillons les initiatives intéressantes en la matière comme  les "courts métrages photographiques" qu’on peut voir sur Lemonde.fr. L’utilisation de la photo sur le web a les moyens d’être beaucoup plus riche qu’un simple diaporama.

 Propos recueillis par Bahar Makooi