Une reconnaissance, un outil de travail



Des journalistes débutants me demandent parfois : la carte, à quoi ça sert ? C’est assez simple…

Pour son détenteur, la carte est une attestation de sa qualité de journaliste professionnel. Elle lui sert à  faire valoir les droits reconnus aux journalistes par la loi, les règlements et les accords signés par les partenaires sociaux (Convention collective, minimas salariaux, etc.). Cela explique que la carte est un élément du statut des journalistes adopté par le Parlement en 1935, après des années de combats de la profession. Le statut répondait au souci de définir ce qui distingue le journaliste professionnel des autres collaborateurs de la presse (d’où la fameuse définition légale) et d’obtenir des droits : congés payés, indemnités de licenciement (le "mois par année" – d’ancienneté -, une des plus anciennes revendications), clause de conscience, organisation largement paritaire journalistes/employeurs (matérialisée par un certains nombre de commissions)
A  partir du moment où étaient reconnus au journaliste professionnel un certain nombre de garanties spécifiques, il était indispensable de faire le tri entre les bénéficiaires, les journalistes professionnels, et les autres. D’où la carte, et la commission chargée de l’attribuer. Par exemple, la date de référence pour la première carte permet de calculer quand commence l’ancienneté professionnelle, ce qui se traduit par une prime (Convention collective, art. 23 et 24).

Au quotidien, la carte est surtout un outil de travail pour le journaliste, en particulier celui qui va "sur le terrain". Même si les "accréditations" se multiplient, la carte reste le premier "sésame" pour accéder aux lieux où se collecte l’information et à ses acteurs. Pour toutes ces raisons, la carte est obligatoire : la Convention collective des journalistes (art.6) édicte qu’ "aucune entreprise visée par la présente convention ne pourra employer pendant plus de trois mois des journalistes professionnels et assimilés qui ne seraient pas titulaires de la carte professionnelle de l’année en cours ou pour lesquels cette carte n’aurait pas été demandée".
Enfin, la carte de journaliste professionnel permet aussi d’obtenir la gratuité dans les musées nationaux et dans certaines expositions et salons. Elle offre paraît-il d’autres avantages (réductions pour certains achats) dont il n’existe pas à ma connaissance de liste officielle, et qui contribuent à nourrir le mythe d’une profession de "privilégiés" – mais l’allocation pour frais d’emploi, dont bénéficient les journalistes au moment de payer leurs impôts, ne dépend pas de la détention de la carte.

En conclusion, je dirais que l’intérêt de la carte est aussi qu’elle symbolise l’unité d’une profession soumise a contrario à un éclatement croissant (sur les plans économique, technologique, social…).

Eric Marquis
Président de la CCIJP (Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels)

Vous aussi, Participez à notre enquête

Un Panthéon du Journalisme, en France et en Europe.

Quelles sont les 10 personnalités de l’histoire du Journalisme français qui incarnent le mieux, selon vous, les valeurs de notre métier ?

Quel·les sont les journalistes, aujourd’hui disparu·es, qui ont forgé votre imaginaire ? Vous ont fait rêver ? Vous ont peut-être donné envie de faire ce métier ?

Des journalistes dont l’œuvre ou la vie ont incarné nos valeurs, vous ont servi de repères ?

Qui sont ces "grand·es" journalistes en somme à qui notre communauté professionnelle est «reconnaissante » ?

L’association Journalisme & Citoyenneté, organisatrice des Assises du Journalisme de Tours, de Tunis et de Bruxelles, vous propose de participer à la création du PANTHEON du JOURNALISME, en France d’abord, en Europe ensuite, pour honorer ces femmes et ces hommes qui ont marqué ce métier de leur empreinte.

Pour participer, rien de plus simple. Choisissez dans la liste sur la page suivante les 10 personnalités qui méritent à vos yeux de rentrer en priorité dans ce Panthéon laïc et numérique.

Objectif : Identifier celles et ceux qui nous rassemblent. Contribuer à les faire mieux connaitre, avec la conviction que dans cette période de doute sur sa légitimité, notre métier a plus que jamais besoin de se raccorder à son histoire.

Nous partagerons les premiers résultats de cette consultation lors de la seizième édition des Assises du journalisme à Tours le 30 mars 2023.

Nous lancerons ensuite la démarche au niveau européen en proposant aux journalistes des 26 autres pays de l’UE de s’associer à l’initiative avec l’ambition de présenter le Panthéon des Journalistes Européen lors de la deuxième édition des Assises de Bruxelles à l’automne 2024.

En fonction de la dynamique créée, un groupe de travail proposera les évènements, les colloques, les publications qui permettront de valoriser au mieux l’histoire et l’œuvre des journalistes Panthéonisés.

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