« Les Etats Généraux de la presse fermés à la … presse ! », par Gilles Klein, journaliste…

Gilles Klein
Journaliste pour le site d’information Arretsurimages.net , Gilles Klein a collaboré à plusieurs publications dont Libération et Elle. Il est également ancien photojournaliste chez Sipa Press. En plus de son blog Le Phare ouvert en 2005, il est également en charge du site LeMondeduBlog qui fait suite à Pointblog ouvert en 2003.

Jusqu’à présent je n’ai pas dit un mot sur les Etat Généraux de la presse. Les quelques articles, les quelques blogs qui ont doctement (et quelques fois longuement) commenté et supputé à leur propos m’ont fait sourire. Je ne pense pas  que ses débats changent quoi que ce soit. Ce genre de consultation fait plaisir à ceux qui y sont conviés. Et cela permet ensuite  d’annoncer des mesures, sans que l’on puisse dire que telle ou telle profession concernée n’a pas été consultée. C’est une pratique classique, à droite comme à gauche. ce qui m’avait étonné c’est que cette annonce présidentielle ait été saluée par Laurent Joffrin (Libération) et d’autres. Comme s’ils pensaient, peut-être, qu’ils pourraient infléchir quoi que ce soit en acquiescant. L’Etat, de droite ou de gauche, aide les banques quand elles ont un souci (souvenons-nous du Crédit Lyonnais), il aide la presse c’est logique, pour renforcer la liberté et l’indépendance de la presse. ce qui y verraient un paradoxe sont priés de se taire.

Je considére que c’est une série de réunions entre quelques patrons de presse et journalistes parisiens, que l’on entend, habituellement, à droite ou à gauche, parler de la presse. Bref, en fait d’Etats généraux, il s’agit de réunions en petit comité entre, non pas généraux, mais particuliers cooptés (malgré l’estime que je porte à certains cooptés que j’apprécie) pour arriver à ce qui sera présenté comme un consensus permettant de mieux répartir les aides à la presse quand le président l’aura décidé. Bref, un comité théodule qui espère que quelques propositions parmi celles qu’il fera seront retenues, et que le média, ou le groupe auquel chacun des intervenants appartient ne sera pas oublié lors de la distribution (les sites d’information en ligne, par exemple).

Alors pourquoi j’en parle aujourd’hui ? Parce que mon sentiment est confirmé : quand la presse papote en famille, dans quelques commissions dont les animateurs ont été choisis par le gouvernement, cela doit rester privé. Pas de public, pas de compte rendu journalistique, pas de retransmission sur une chaîne parlementaire. Juste quelques compte rendus supervisés et autorisés. Huis clos.


“Nous ne fonctionnons pas en vase clos. D’ailleurs, si @rrêt sur images a envie de venir raconter comment tout ça se passe, vous êtes les bienvenus.” Vous voulez “assister à une séance de travail” ? “Pas de souci”.”
a lancé l’excellent Bruno Patino qui anime une des commissions au cours d’un contact avec l’équipe du site d’informations Arretsurimages.net dont je fais partie depuis son ouverture en janvier 2008. Cela m’a étonné quand on a parlé de cette invitation.

J’ai gardé mes réflexions pour moi, je n’y ai pas cru une seconde, je me suis demandé quel accord de discrétion, (les anglo-saxons parlent de NDA Non Disclosure Agreement) arretsurimages aurait à signer. J’étais plus que dubitatif. La réponse est venue de l’Elysée, Nicolas Princen, son veilleur Internet a indiqué qu’il n’était pas question que des journalistes spécialisés dans les médias assistent à une réunion (comme l’explique Daniel Schneidermann sur la partie payante de notre site. Les Vite Dit – gratuits -, l’actualité des médias 7 jours sur 7 c’est là ) sur les médias.

Tout cela est logique, quand des “journalistes“, se réunissent entre eux, il ne faut pas que des “journalistes” (entendons des journalistes non cooptés) y assistent ou entendent directement ce qui s’y dit. Les journalistes non participants sont autorisés à bavarder avec les journalistes participants, mais hors de la réunion, ouf ! ce n’est pas interdit. Quand au public… ? Le public ? Oui car c’est l’argent public, celui des impôts qui aide la presse à coup de millions d’euros, ou indirectement pour plus d’un milliard d’euros. Et les lecteurs ? En quoi les lecteurs seraient-ils concernés ? Franchement vous rêvez.
 

Gilles Klein
Article paru le 30 octobre sur le blog Le Phare

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Autres billets sur le même sujet :
"Pour la création d’un Fonds d’investissement dédié à la presse", par J. Gautrand
"Lu, vu, entendu aux Etats généraux de la presse", par Amaury de Rochegonde

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Un Panthéon du Journalisme, en France et en Europe.

Quelles sont les 10 personnalités de l’histoire du Journalisme français qui incarnent le mieux, selon vous, les valeurs de notre métier ?

Quel·les sont les journalistes, aujourd’hui disparu·es, qui ont forgé votre imaginaire ? Vous ont fait rêver ? Vous ont peut-être donné envie de faire ce métier ?

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L’association Journalisme & Citoyenneté, organisatrice des Assises du Journalisme de Tours, de Tunis et de Bruxelles, vous propose de participer à la création du PANTHEON du JOURNALISME, en France d’abord, en Europe ensuite, pour honorer ces femmes et ces hommes qui ont marqué ce métier de leur empreinte.

Pour participer, rien de plus simple. Choisissez dans la liste sur la page suivante les 10 personnalités qui méritent à vos yeux de rentrer en priorité dans ce Panthéon laïc et numérique.

Objectif : Identifier celles et ceux qui nous rassemblent. Contribuer à les faire mieux connaitre, avec la conviction que dans cette période de doute sur sa légitimité, notre métier a plus que jamais besoin de se raccorder à son histoire.

Nous partagerons les premiers résultats de cette consultation lors de la seizième édition des Assises du journalisme à Tours le 30 mars 2023.

Nous lancerons ensuite la démarche au niveau européen en proposant aux journalistes des 26 autres pays de l’UE de s’associer à l’initiative avec l’ambition de présenter le Panthéon des Journalistes Européen lors de la deuxième édition des Assises de Bruxelles à l’automne 2024.

En fonction de la dynamique créée, un groupe de travail proposera les évènements, les colloques, les publications qui permettront de valoriser au mieux l’histoire et l’œuvre des journalistes Panthéonisés.

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