Ouverture des Etats généraux de la presse par de Nicolas Sarkozy (2/10/08)


Morceaux choisis :

Dégager des solutions, c’est le but ultime des Etats généraux. Il ne s’agit pas seulement de faire remonter des doléances, même si cela a son importance. Il ne s’agit pas de rédiger un énième rapport sur le sujet, même si de très bons ont été écrits par le passé. Il s’agit de se mettre d’accord sur un certain nombre de changements à mettre en oeuvre pour que la presse écrite française sorte des difficultés inacceptables qui sont les siennes depuis 30 ans et qui ne feront que s’aggraver si l’on ne fait rien.

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Partout, les journalistes s’interrogent sur l’avenir de leur métier, sur le rôle de leur profession. De moins en moins collecteurs de l’information, ils se demandent, à l’heure des blogs et des sites participatifs, comment convaincre leurs lecteurs que leur médiation est encore utile, est encore nécessaire.

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Nous devons préserver et faire vivre ce désir d’information générale, cette éducation citoyenne au long cours. C’est à vous de le faire en travaillant sur les contenus. C’est à nous de vous y aider en créant les conditions d’un modèle économique qui vous permette d’en vivre.

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[La presse] a besoin d’investir : investir dans des lectorats, investir dans des projets éditoriaux, investir dans des réseaux et des modes de distribution, investir dans des sites numériques, investir dans des rédactions solides, capables de pourvoir aux besoins d’une information d’analyse et d’investigation, vérifiée, hiérarchisée, courageuse et libre.
Or la ligne de plus grande pente de la presse, plus particulièrement celle de la presse d’information politique et générale, la ligne qu’il nous faut combattre, qu’il nous faut redresser, c’est la paupérisation. Paupérisation des contenus quand moins de 20% des prix de vente leur sont consacrés. Paupérisation des rédactions quand des plans sociaux assèchent les journaux de leur raison d’être, le journalisme. Paupérisation des réseaux avec la disparition d’un trop grand nombre de correspondants étrangers. Paupérisation de la profession avec des journalistes mal payés, mal outillés, précarisés.
Paupérisation des entreprises de presse avec insuffisamment de fonds propres pour investir, innover, préparer l’avenir.

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Je crois dans l’avenir de la presse payante car je crois dans la valeur de l’information vérifiée, analysée, triée, hiérarchisée. Je n’oppose pas la presse gratuite et la presse payante. Si la presse gratuite a des annonceurs, c’est qu’elle a un public. Et si elle a un public, c’est qu’elle répond à un besoin. Mais je ne crois pas qu’il arrivera un jour où plus personne ne sera prêt à payer pour de l’analyse et de l’investigation. Je ne crois pas qu’il arrivera un jour où plus personne ne sera d’accord pour acheter chaque matin un journal, parce qu’en plus de l’info, on achète une culture, une histoire, une maquette, des références, des habitudes, des auteurs, des choix éditoriaux et plus que tout, peut-être, une vision, des engagements, des audaces, un talent.

Vous aussi, Participez à notre enquête

Un Panthéon du Journalisme, en France et en Europe.

Quelles sont les 10 personnalités de l’histoire du Journalisme français qui incarnent le mieux, selon vous, les valeurs de notre métier ?

Quel·les sont les journalistes, aujourd’hui disparu·es, qui ont forgé votre imaginaire ? Vous ont fait rêver ? Vous ont peut-être donné envie de faire ce métier ?

Des journalistes dont l’œuvre ou la vie ont incarné nos valeurs, vous ont servi de repères ?

Qui sont ces "grand·es" journalistes en somme à qui notre communauté professionnelle est «reconnaissante » ?

L’association Journalisme & Citoyenneté, organisatrice des Assises du Journalisme de Tours, de Tunis et de Bruxelles, vous propose de participer à la création du PANTHEON du JOURNALISME, en France d’abord, en Europe ensuite, pour honorer ces femmes et ces hommes qui ont marqué ce métier de leur empreinte.

Pour participer, rien de plus simple. Choisissez dans la liste sur la page suivante les 10 personnalités qui méritent à vos yeux de rentrer en priorité dans ce Panthéon laïc et numérique.

Objectif : Identifier celles et ceux qui nous rassemblent. Contribuer à les faire mieux connaitre, avec la conviction que dans cette période de doute sur sa légitimité, notre métier a plus que jamais besoin de se raccorder à son histoire.

Nous partagerons les premiers résultats de cette consultation lors de la seizième édition des Assises du journalisme à Tours le 30 mars 2023.

Nous lancerons ensuite la démarche au niveau européen en proposant aux journalistes des 26 autres pays de l’UE de s’associer à l’initiative avec l’ambition de présenter le Panthéon des Journalistes Européen lors de la deuxième édition des Assises de Bruxelles à l’automne 2024.

En fonction de la dynamique créée, un groupe de travail proposera les évènements, les colloques, les publications qui permettront de valoriser au mieux l’histoire et l’œuvre des journalistes Panthéonisés.

Pour suivre le développement du projet, vous pouvez vous inscrire à la newsletter journalisme.com :