Boligan, dessinateur d’opinion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présent aux Ridep
2010 à Carquefou (44), le dessinateur cubain installé au Mexique Angel Boligan
Corbo revient sur son métier de dessinateur de presse. Un moyen d’expression qui permet selon lui de déjouer toutes les censures.

 

Fasciné par l’être humain et par ses mutations, Angel
Boligan n’en finit pas de chroniquer dans ses dessins les affres de la
globalisation et de la révolution technologique. Manipulés, soumis aux écrans,
ses personnages longilignes évoluent dans un univers riche en métaphores, mais qui
apparaît souvent totalitaire et sans issue.

C’est à San Antonio, une ville autoproclamée « Ville de
l’humour » proche de La Havane (Cuba), que le dessinateur voit le jour en
1965. Lorsque le jeune homme a 14 ans, San Antonio accueille sa première Biennale
de la caricature. Pour Angel, c’est une révolution. Dans les couloirs du Musée
de l’Humour, il s’imprègne des vignettes de Topor, des caricatures de David
Levine et de Saül Steinberg. « A cette époque, ce qui m’intéressait avant
tout était l’aspect graphique », se souvient Angel. « J’étais
beaucoup trop jeune pour avoir conscience de ce qui se passait dans mon
pays ».

angelboliganfoto_thumb.jpgDevenu professeur d’arts plastiques, Angel Boligan publie
ses dessins dans diverses revues humoristiques à Cuba. En 1992, invité à exposer
au Musée de la Caricature de Mexico, il est recruté le jour de son arrivée par
le quotidien national le plus vendu au Mexique, El Universal. Pour autant,
l’artiste ne se considère pas comme un exilé. « J’avais demandé une
autorisation de sortie du territoire d’un mois », explique-t-il.
« J’ai demandé une prolongation pour rester deux mois. Puis trois… ».
Aujourd’hui, Angel Boligan traite l’actualité mexicaine, internationale, et
s’attache tout particulièrement à traiter les sujets sociétaux. « Je vis
au Mexique, et il y a beaucoup de choses à dire sur ce pays », analyse-t-il. « Bien
sûr, je me sens aussi dans l’obligation de parler de Cuba quand il s’y passe
quelque chose d’important ». Ainsi lors de la passation de pouvoir de
Fidel Castro à son frère Raul (Cf. Dessin en bas de page)…

Au début, Angel prenait des précautions lorsqu’il s’agissait
de dessiner l’actualité cubaine.  Puis il a évolué, au gré aussi de sa prise de conscience politique : « A Cuba, les médias sont contrôlés par
le gouvernement. Plutôt que d’être automatiquement censuré car considéré comme
un opposant, je préfère jouer la carte de la subtilité. En
utilisant les ressources du graphisme et de la métaphore, je peux traiter les
sujets les plus sensibles… ».

Et s’il est vrai qu’Angel Boligan a mis des années à
intégrer le fait qu’il vivait dans un pays où il avait le droit de dire ce qu’il
pensait, il se sent désormais plus libre : « Aujourd’hui, ma façon de
traiter mes sujets a évolué, et je m’autorise même à utiliser directement
l’image de Fidel Castro dans mes dessins… ».

 

 

Plus d’images ? www.boligan.com

 

 

 

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Vous aussi, Participez à notre enquête

Un Panthéon du Journalisme, en France et en Europe.

Quelles sont les 10 personnalités de l’histoire du Journalisme français qui incarnent le mieux, selon vous, les valeurs de notre métier ?

Quel·les sont les journalistes, aujourd’hui disparu·es, qui ont forgé votre imaginaire ? Vous ont fait rêver ? Vous ont peut-être donné envie de faire ce métier ?

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Qui sont ces "grand·es" journalistes en somme à qui notre communauté professionnelle est «reconnaissante » ?

L’association Journalisme & Citoyenneté, organisatrice des Assises du Journalisme de Tours, de Tunis et de Bruxelles, vous propose de participer à la création du PANTHEON du JOURNALISME, en France d’abord, en Europe ensuite, pour honorer ces femmes et ces hommes qui ont marqué ce métier de leur empreinte.

Pour participer, rien de plus simple. Choisissez dans la liste sur la page suivante les 10 personnalités qui méritent à vos yeux de rentrer en priorité dans ce Panthéon laïc et numérique.

Objectif : Identifier celles et ceux qui nous rassemblent. Contribuer à les faire mieux connaitre, avec la conviction que dans cette période de doute sur sa légitimité, notre métier a plus que jamais besoin de se raccorder à son histoire.

Nous partagerons les premiers résultats de cette consultation lors de la seizième édition des Assises du journalisme à Tours le 30 mars 2023.

Nous lancerons ensuite la démarche au niveau européen en proposant aux journalistes des 26 autres pays de l’UE de s’associer à l’initiative avec l’ambition de présenter le Panthéon des Journalistes Européen lors de la deuxième édition des Assises de Bruxelles à l’automne 2024.

En fonction de la dynamique créée, un groupe de travail proposera les évènements, les colloques, les publications qui permettront de valoriser au mieux l’histoire et l’œuvre des journalistes Panthéonisés.

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