Remy Pflimlin, directeur général des NMPP

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L’Association des Journalises des Médias et de la Communication (AJM) réunit des journalistes actuellement actifs traitant des sujets médias dans la presse écrite, la télévision, la radio ou Internet. Chaque mois, elle organise un déjeuner avec une personnalité des médias.


Fabienne Schmitt, journaliste à La Correspondance de la Presse, raconte chacun de ces rendez-vous.

Mercredi 20 février, l’AJM recevait Remy Pflimlin, Directeur Général des NMPP (Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne)

Un an après la présentation de son plan pour inverser la tendance baissière des ventes de la presse (cf. "CP" du 8 février 2007), le directeur général des NMPP (Nouvelles messageries de la presse parisienne) Remy PFLIMLIN, invité, hier, de l’Association des journalistes médias (AJM), a noté plusieurs avancées. Actuellement, des négociations sont en cours sur le volet logistique et social du plan prévoyant notamment le départ de 340 à 350 salariés (cf. "CP" du 15 novembre 2007).
L’une des mesures-phares du plan, baptisé défi 2010, consiste à développer des points de vente. A ce sujet, M. PFLIMLIN a rappelé que les NMPP avaient réussi à inverser la tendance avec 574 points de vente supplémentaires à fin décembre 2007, contre, auparavant, 500 points de ventes en moins, par an. Il a noté une "bonne répartition entre les petits et les gros points de vente" et mentionné particulièrement l’enseigne de magasins culturels Cultura, qui a intégré la presse comme une activité commerciale.
L’objectif fixé est d’arriver à 33 000 points de vente en 2010, contre 30 000 aujourd’hui. Pour cela, tous les segments sont étudiés. 1200 points de vente complémentaires ont été ouverts. Plusieurs kiosques sont en train de se développer dans les galeries marchandes. Dans ces lieux, les ventes représentent environ 22 % à 23 % des ventes totales de journaux. En 2007, 87 points de vente supplémentaires pour les "enseignes presse" ont été enregistrés, ce qui porte le total à 3000. Pour les "enseignes non presse", on compte 378 points de vente supplémentaires pour un total de 2686. Tandis que le réseau traditionnel totalise 21 700 points de vente. Au sein de ce réseau, la librairie-papeterie baisse, ainsi que les Maisons de la presse (plus de 100 points de vente perdus).


Tests positifs à Reims

Selon M. PFLIMLIN, contrairement à ce que disent certains, la presse a conservé tout son "pouvoir d’attraction". Son credo est que "plus on a de points de vente, plus on achète". A Lille, le Furet du Nord a installé depuis quelques années un rayon presse au rez-de-chaussée et enregistre aujourd’hui un chiffre d’affaires de 1 million d’euros, a-t-il souligné. La vente de la presse se développe aussi au sein de magasins Virgin, mais également dans les Fnac, notamment à Bordeaux où un projet est en cours.

A Reims, les tests sur les assortiments de magazines, lancés l’été dernier, s’avèrent positifs. M. PFLIMLIN a prévu de présenter une note lors du conseil de gérance demain à ce sujet. L’expérience a permis 1,7 % de vente supplémentaire par rapport aux "dépôts miroirs" (un dépôt qui a la même structure). De plus, lorsque des magazines sont retirés, on constate une tendance positive de +3 % en volume sur les petits titres, selon M. PFLIMLIN, qui conclu "on est en train de tirer un fil gigantesque dans notre métier". Des analyses sont actuellement menées pour mieux savoir quel type de presse se vend dans ces magasins. Trois autres projets du même type sont prévus mais à confirmer dans les jours qui viennent, à Grenoble, dans la région parisienne (Champigny) et un dépôt saisonnier à Fréjus. Parallèlement, à Grenoble, le test des cartes de fidélité est positif mais pose certains problèmes, notamment techniques, puisqu’il nécessite d’être équipé en caisses enregistreuses.

De plus, un certain nombre d’actions sont en cours avec La Poste. Il s’agit de faire des économies sur le plan logistique en partageant des trains pour porter les produits. Dans le même temps, des points de vente presse ont été ouverts en janvier au sein de bureaux de poste à Luisant, Vannes, Sarcelles, et deux sont en cours d’ouverture à Paris. Si cette expérience fonctionne, un doublement des points de vente de ce type est prévu au deuxième semestre.
En 2007, les quotidiens ont réalisé, au sein des NMPP, un volume d’affaires en progression de 2,6 %, à 552 millions, alors que les Publications Presse baissent de 1,6 %, à 1812 millions. Au sein de cette famille : les hebdomadaires et bimensuels progressent de 3,8 %, tandis que les mensuels et autre périodicité longue sont en recul de 6 %. Le hors presse s’établit à 313 millions (-21,2 %). En volume, les NMPP ont eu 5 % de produits presse en moins à mettre en vente, par rapport à 2006. Au total, le volume d’affaires 2007 (ventes NMPP/TP) s’est établi à 2,7 milliards d’euros, contre 2,8 milliards en 2006. Après avoir enregistré une perte de 3 millions en 2006, les NMPP prévoient une perte supérieure en 2007 puisque seront intégrés les provisions pour restructuration. Le retour à l’équilibre est prévu pour 2008.


Contre une réforme de la loi Bichet

Alors que le président de la République s’est montré très volontaire, lors de ses vœux en début d’année, pour améliorer la distribution de la presse, M. PFLIMLIN se réjouit, mais pense qu’il n’est pas nécessaire pour cela d’amender la loi Bichet de 1947. "Je crois qu’il faut qu’on aille vite et si demain le débat tourne autour de la loi, les choses vont aller lentement. Ma grosse crainte est que si les solutions mettent trop de temps à être mises en œuvre, elles risquent d’être désuètes". D’après M. PFLIMLIN, le coût de la distribution de la presse en France n’est pas très élevé par rapport au reste de l’Europe. Il s’élève à 35 euros dans l’Hexagone, contre 39-40 euros en Allemagne et en Angleterre.
"Le problème est que nous rémunérons mal nos points de vente", a-t-il souligné. Sur la rémunération des diffuseurs, le directeur général des NMPP a souhaité qu’elle soit portée à "23 %-24 %" en centre ville, là où elle est aujourd’hui à 15 %-16 %. Il s’est prononcé pour "une rémunération en phase avec le produit presse". Quant aux kiosquiers qui ne vendent que de la presse ou des magazines, il faut les rémunérer davantage, selon lui.

Fabienne Schmitt



Prochain déjeuner mercredi 26 mars avec Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1, Public Sénat).

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