Norito Kunisue de l' »Asahi Shimbun » : « La taille des papiers dépendra des résultats… »

Norito Kunisue

Numéros spéciaux,
soirées électorales dans les radios et les télévisions… Les rédactions
françaises se mobilisent pour couvrir  les élections municipales et cantonales. Mais les
journalistes de l’Hexagone ne sont pas les seuls à s’intéresser à
l’actualité politique française. A l’occasion de cet événement, journalisme.com vous
présente le travail et les réflexions de correspondants étrangers en
poste à Paris
.


Troisième témoignage : Norito Kunisue, chef du bureau parisien de l’un des plus grands quotidien japonais, l’Asahi Shimbun (diffusé à plus de 12 millions d’exemplaires chaque jour)
.

Comment allez-vous traiter les élections locales françaises ?

Nous n’allons pas beaucoup en parler. Ce ne sont que des élections locales et je dois dire que les Japonais ne s’y intéressent pas beaucoup. Nous allons quand même faire quelques papiers sur les résultats. La taille des papiers dépendra d’ailleurs des résultats. Si la gauche remporte une grosse victoire, nous essaierons d’analyser le mécontentement des Français vis-à-vis de la politique du Président Sarkozy. Dans ce cas-là, nos principales sources seront les sondages et ce qui se dit dans la presse française.

Vous n’avez pas prévu de reportages ?

Si. Nous essaierons de les faire entre les deux tours. Nous voudrions faire un reportage à Paris, car c’est une ville emblématique. Et puis, il y a quelque chose qui intéresse beaucoup notre lectorat japonais : c’est la politique d’ouverture à gauche de Nicolas Sarkozy. Je voudrais donc aller à Mulhouse où Jean-Marie Bockel tente de se faire réélire. Face à lui, il retrouve son ancienne adjointe socialiste. Comment les électeurs vont-ils réagir ?

Comment analyseriez-vous le traitement de ces élections dans les médias français ?

Beaucoup de journaux comme le Figaro traite une grande ville par jour. C’est très intéressant. Même si, seul le point de vue plus général intéresse les Japonais.

Et la vie politique plus généralement ?

Depuis au moins un an, il y a une "peopolisation" de la vie politique. Les Japonais s’y intéressent beaucoup. Je pense à Carla Bruni par exemple. Nous essayons donc d’analyser la stratégie de Nicolas Sarkozy vis-à-vis des médias, sa façon de se mettre en scène. Nous tentons de déterminer d’où cela vient : un peu de Berlusconi, un peu de Poutine, de Blair, de Bush… C’est un mélange de ces quatre-là. Et puis, les journaux n’en parlent pas, et c’est normal, mais les Japonais veulent savoir comment le Président se comporte vis-à-vis du Japon. Chirac aimait beaucoup notre pays, alors ils veulent savoir pour le nouveau Président.

Quelles sont les différences entre médias français et japonais ?

Au Japon, les journalistes sont très jeunes. A partir de 39-40 ans, ils occupent des postes d’encadrement. Donc, ceux qui suivent l’actualité politique ont en moyenne 25 ou 26 ans. Cela proscrit donc toute forme de tutoiement, ou de proximité avec les hommes politiques. Il y a une distance entre eux. C’est même parfois difficile de communiquer. En France, les journalistes et les élus sont très proches. Ils se parlent souvent, se connaissent très bien, connaissent leurs opinions respectives. C’est assez choquant pour nous.

Propos recueillis par Maxime Mamet

Le site de l’Asahi Shimbun
Le site de l’Asahi Shimbun en anglais


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