Les acteurs de la presse unis dans l’indignation

Vittorio de Filippis (AFP)
Suite à la violente interpellation du journaliste de Libération Vittorio de Filippis vendredi,  les réactions des principaux acteurs de la presse sont unanimes : "scandaleuse", "inadmissible", "inacceptable"… L’affaire Filippis est fustigée de toute part par journalistes, associations et syndicats. Côté politique, alors que la gauche crie au scandale, Christine Albanel souhaite que "toute la lumière soit faite"…

Vendredi 28 novembre, le journaliste et ancien directeur de la publication de Libération Vittorio de Filippis était violemment arrêté par la police à son domicile, devant ses enfants. Accusé par Xavier Niel d’avoir publié en 2006 un article relatant de ses démélés avec la justice. Après avoir été menotté, Vittorio de Filippis est emmené au dépôt de tribunal de grande instance de Paris où il sera enfermé et fouillé au corps à plusieurs reprises…

{xtypo_rounded_right1} Video de France 3Polémique autour de l’arrestation de Vittorio de Filippis
Voir la vidéo {/xtypo_rounded_right1}Pour la presse, une affaire "scandaleuse", "révoltante", "démesurée"

Alors que Laurent Joffrin, Directeur de la Rédaction de Libération publiait ce matin un éditorial intitulé "Abus", les plumes des principaux éditorialistes de la presse française poursuivent leurs attaquent envers les dérives de la justice et des procédés jugés abusifs :

– Lire l’édito de Laurent Joffrin (Libération, 1er décembre)
– "Inacceptable", par Eric Fottorino (Le Monde, 1er décembre)
– "Un journaliste de Libération humilié par la police", par Pascal Riché (Rue 89)
– "Journalistes… sans papiers", par Jacques Camus (La République du Centre)
– "Comme un relent de chasse aux sorcières", par Jacques Guyon (La Charente Libre)
– Lire le commentaire d’Eric Dussart (La Voix du Nord)
– "Intolérable", par Etienne Mougeotte (Le Figaro)

Pour les syndicats : "une atteinte à la liberté d’expression"

Du côté des syndicats, l’indignation est à son comble et les mots commencent peu à peu à se changer en action : Le SPQN appelle Rachida Dati à "mettre fin à de telles dérives" et le SPPMO lui demande de "réaffirmer publiquement que la détention n’existe pas dans les délits de presse". Alors que le SNJ dénonce la "démesure" de la procédure, le SNJ-CGT appelle à un rassemblement pour "faire cesser les atteintes aux libertés d’information".

– Lire le communiqué du SNJ

Les associations de journalistes condamnent "des dérives de plus en plus inacceptables"

Reporters sans frontière a également immédiatement exprimé sa colère, jugeant les faits "intolérables". Dans un communiqué, la Ligue des Droits de l’Homme rapproche l’affaire Filippi d’autres cas d’interpellations brutales et humiliantes dans le milieu journalistique.

– Lire le communiqué de Reporters sans frontières
– Lire le communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme

Du côté des politiques : "inadmissible" pour le PS, "surréaliste" pour l’UMP…

Alors que Christine Albanel prenait timidement la parole pour souhaiter "que toute la lumière soit faite sur le fond de l’affaire", la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie affirmait que la police avait "suivi les procédures" d’une décision judiciaire sur laquelle elle n’avait "pas à se prononcer".
A gauche, on parle de "méthodes judiciaires inadmissibles". "J’ai honte pour notre pays, s’écriait Jack Lang. Ces situations sont révoltantes et répugnantes." Du côté de l’UMP, Frédéric Lefebvre partage l’indignation générale, rappelant que, à l’heure où se tiennent les Etats généraux de la presse, "la question des procédures utilisées à l’encontre de la presse par les autorités judiciaires [se doit d’être] mise à l’ordre du jour."

– Lire les détails de l’interpellation sur le site de Libération