« Gaza-Sderot , la vie malgré tout » : Palestiniens et Israéliens côte à côte sur la Toile

Depuis lundi 27 octobre, à travers "Gaza-Sderot , la vie malgré tout", les internautes peuvent suivre jour après jour la vie quotidienne d’une dizaine de personnes de part et d’autre de la frontière israélo-palestinienne. Dans les coulisses de ce web-documentaire au concept à la fois original et poignant, il y a un an de travail acharné. De l’idée première jusqu’à la diffusion finale sur le site Arte.tv : un voyage époustouflant entre engagements et réalités.

Images tirées de Le projet "Gaza-Sderot"  est né au siège d’Arte France lors de discussions entre producteurs israélien, palestinien et français, "la question était de savoir par quels moyens nous pourrions fêter le soixantième anniversaire de la création de l’Etat d’Israël", explique Alex Szalat, directeur de l’unité Actualité, Géopolitique et Société à Arte France, en ajoutant que "la sélection des villes de Gaza et de Sderot tombait sous le sens puisque ce sont deux villes emblématiques dans cette situation de conflit".
A partir de ce moment-là, tous les acteurs concernés ont réuni leurs idées et leur savoir-faire, pour arriver à la conclusion que "Gaza-Sderot" se présenterait sous forme de  deux « webisodes » de deux minutes chacun, diffusés quotidiennement. "Il était en effet impossible de trouver un rendez-vous régulier de deux minutes à l’antenne au risque que ces reportages soient assimilés à des bouches trous ou à des passerelles. Le web reflète parfaitement ce que l’on voulait exprimer", insiste Alex Szalat. Ce choix d’un format court permet ainsi de restituer de façon instantanée ce qui a été tourné sur place le jour même pour une diffusion le lendemain. Mais c’est également un bon moyen pour que l’internaute découvre de façon intuitive et émotionnelle la vie d’hommes et de femmes.

D’un point de vue technique : comment ça se passe ?

Images tirées de Deux équipes de 5 personnes, une à Gaza, l’autre à Sderot. Plus précisément, dans chaque ville il y a deux cameraman, un réalisateur, un monteur, et un directeur. Toutes deux connaissent parfaitement, leur ville, les gens qui y habitent, les us et coutumes ainsi que la réalité du conflit israélo-palestinien. Du côté palestinien, c’est l’équipe de "Ramattan Studio" et du côté israélien ce sont les équipes d’ "Alma films", de "Trabelsi productions" et l’école du cinéma de Sderot qui tournent, montent et mettent en ligne les sujets du jour pour le lendemain. "Nous n’avons rencontré aucune réelle difficulté à mener à bien notre projet puisque tout est fait sur place en temps réel par des natifs et des productions locales", assure Alex Szalat. En terme de réalisation, le plus compliqué à gérer sont les traductions puisque les vidéos sont accessibles en cinq langues sous-titrées. C’est là qu’intervient le travail des équipes françaises  "Bo travail !", "Upian.com" et "Arte France" qui garantissent le bon fonctionnement du dialogue qui s’instaure, tout en lui donnant une caisse de résonnance internationale.

D’un point de vue humain, que montrent les "webisodes" ?

Images tirée de
Tous les jours, deux "webisodes" de deux minutes, diffusés sur arte.tv, permettent de suivre une dizaine de personnages durant deux mois. L’objectif de ces deux vidéos est de répondre à la question : Comment peut-on vivre à Gaza et à Sderot ? Mais il s’agit également de faire entendre la voix des citoyens de part et d’autre de la frontière puisqu’aujourd’hui encore, aucun terrain d’entente n’a été trouvé, ni d’un côté ni de l’autre.
Le principe est simple et efficace : lorsqu’on arrive sur la page web consacrée à "Gaza-Sderot", deux vidéos se répondent, une palestinienne et l’autre israélienne. Elles s’éclairent mutuellement et partagent un même espace. "Ce concept a bien entendu été pensé et mûrement réfléchi, un engagement entre autre. Pour nous, c’est une manière de faire un constat sur une situation qui dure, mais également de rendre compte d’une réalité : Israéliens et Palestiniens ne se côtoient pas, ne se rencontrent pas mais pourtant vivent côte à côte", commente Alex Szalat.

Chaque jour, se révèle sous nos yeux l’existence de gens ordinaires dont les conditions de vie au quotidien sont affectées par ce conflit.  "Gaza-Sderot", c’est avant tout un moyen de partager la vie de Mohammed Antar, Abu Kahlil, Sason Sara, Naomiko Hazan, Yaka Malka…pendant deux mois. Ils sont pêcheur, coiffeur, musicien, lycéen, ambulancier…Ils pourraient aussi être des voisins, des amis, des proches… Cependant, ils ne le sont pas et ne vivent pas le même quotidien que nous. Ce web-documentaire est une occasion unique pour les internautes du monde entier de se laisser emporter dans ces tranches de vie mêlant émotion, curiosité, l’envie d’en savoir plus, et d’échanger avec eux. D’ailleurs, le concept de "Gaza-Sderot" ne s’arrête pas là puisque lors de la visualisation des vidéos, on nous offre la possibilité de les partager ou encore de poster des commentaires qui sont directement transmis aux personnages. Et enfin, il est possible de regarder chaque vidéo soit en très haute définition – dont la qualité est remarquable tant au niveau des images tournées que du rendu – soit en basse définition pour ceux qui n’ont pas de connexion assez puissante. Tout est donc prévu au millimètre près pour que l’internaute s’investisse à son tour dans ce projet, qu’il ne soit pas un simple spectateur mais en devienne, lui aussi, presque un acteur.

Tiphaine Bellambe

 

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