A l’occasion du Prix de la Maison d’Arrêt d’Angers, journalistes et détenus se rencontrent…

vignette-rencontre.jpgVendredi matin à la Maison d’Arrêt d’Angers, le journaliste Maurice Olivari (correspondant à Rome pour TF1) se livrait à une rencontre hors du commun…Dans le cadre du Scoop d’Angers, pour la huitième année consécutive, certains prisonniers ont pu faire partie d’un jury très spécial : celui du Prix des détenus de la Maison d’Arrêt d’Angers. Grâce notamment  à Alain Lebouc, directeur du festival, ainsi qu’à la compréhension de l’Administration pénitentiaire et de Mr Spenle, directeur de la Maison d’Arrêt, cette aventure continue…
 
Quatorze détenus attendaient ce moment avec beaucoup d’impatience. Ils sont là, assis sur leurs chaises, dans la bibliothèque de la maison d’arrêt. Ils viennent questionner, parler, échanger. Comme ils l’ont régulièrement répété tout au long de cette rencontre, c’est une sorte de "liberté accordée". "On regarde toute la journée la télé, c’est notre occupation principale. C’est pour nous  une occasion unique d’échanger en direct avec ceux qui font l’actualité", explique un détenu. "Cela permet un regard extérieur, poursuit son voisin. On apprend la face cachée de l’info. C’est important pour nous d’avoir plusieurs sons de cloche".  

Invité à venir rencontrer les détenus membres du jury du Prix de la Maison d’Arrêt d’Angers, Maurice Olivari constate dès son arrivée l’engouement de cet auditoire un peu particulier : "C’est la première fois que je participe à une telle opération. Pour moi c’est très intéressant de venir parler de mon métier et je pense que c’est utile pour tout le monde", a-t-il dit déclaré, ému. Face à lui les yeux sont grands ouverts et l’impatience se lit sur les visages des détenus. Ils ont tous avec eux la revue du Scoop d’Angers 2008. Ils sont prêts à écouter et, surtout, à poser une foule de questions.

Maurice Olivari commence à parler de son expérience professionnelle en particulier de son travail à Rome en tant que correspondant pour TF1. Les questions ne se font pas attendre et très vite, une véritable discussion s’installe naturellement entre le journaliste et son public : "J’avais l’impression d’être seul avec eux, on s’adressait en toute simplicité les uns avec les autres", a-t-il d’ailleurs expliqué au terme de ces deux heures de rencontre. Tout au long de cet échange on retiendra l’humour, l’intérêt et la très bonne connaissance de l’actualité. Le départ de PPDA avec l’arrivée de Laurence Ferrari, la censure et les pressions politiques, la problématique de l’audience à la télévision, les relations de Maurice Olivari avec le Vatican… Les sujets se succèdent et les questions des détenus sont parfois très pointues. En guise de conclusion, Maurice Olivari rappelle : "Notre travail a parfois des conséquences graves. Nous avons des responsabilités envers le citoyen qui nous regarde chaque jour, il ne faut absolument pas l’oublier. Nous faisons au mieux pour fournir une information de qualité".
 
Pour le journaliste, l’essentiel de cette rencontre est d’expliquer l’envers du décor pour démystifier le métier et puis dire aussi, tout simplement, que les journalistes sont avant tout des êtres humains. Du côté des prisonniers c’est un moment privilégié, une rencontre avec un "invité d’honneur" mais aussi une fenêtre vers l’extérieur. Aussi bien pour le journaliste que pour les membres de ce jury pas comme les autres, cette matinée sera une expérience unique, inoubliable.
Durant les quelques minutes qui restent avant la fin de la rencontre, certains détenus se lèvent d’un bon de leurs sièges pour demander un autographe avec enthousiasme. Les langues se délient, les commentaires se mélangent. Pour Marc, pour Daniel, pour John, et pour tous les autres, c’est "une rencontre très importante", "un moment très intéressant pour notre culture", "un moyen de vivre un peu ce qu’il se passe au dehors""C’est une bouffée d’air frais", conclut un détenu les yeux brillants. Souriant, Maurice Olivari semble aussi de cet avis.
 

Texte et photos : Tiphaine Bellambe

 
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