Notre République et sa presse graviront ensemble les sommets ou bien elles iront ensemble à leur perte. Une presse compétente, désintéressée, peut protéger cette morale collective de la vertu, sans laquelle un gouvernement populaire n’est qu’une escroquerie et une mascarade.
Joseph Pulitzer
18 décembre 2017

Rendez vous les 14, 15, 16 et 17 mars 2018 pour la onzième édition des Assises Internationales du Journalisme et de l'Information de Tours

Compte-rendus

Compte-rendus ateliers

Atelier "Pour une veille déontologique"

Loïc Hervouet rappelle qu'après l'acte de décès acté en juin 2011 de l'idée d'une charte déontologique commune (Frappatcode), et devant les réticences persistantes à l'égard d'un conseil de presse, l'Association de Préfiguration d'un Conseil de Presse (APCP) s'est saisie d'une autre recommandation des Etats Généraux, la création d'un Observatoire, lieu de débat  sur la déontologie et les pratiques de la presse en France.
Yves Agnès, président de l'APCP, a présenté les caractéristiques d'un tel Observatoire, outil de recension et d'analyse pour informer et faire réfléchir : association loi de 1901, très ouverte, qui se saisira elle-même de cas, les étudiera, et éditera des "fiches de cas" sans s'obliger à rendre un avis tranché, et en s'interdisant de prononcer une sanction. Un rapport annuel pourra aider à suivre les évolutions qualitatives des enjeux déontologiques et éthiques rencontrés par la profession.
Les réunions constitutives de l'Observatoire se tiendront en début d'année 2012, avec invitation large, l'APCP ayant déjà obtenu les accords de participation d'organisations diverses : FFAP, SNRL, FNPS, SPIIL, Syndicat CFTC des journalistes, divers médiateurs de médias, Confédération nationale des Associations Familiales Catholiques, Information et Citoyenneté, Europe Créative, Alliance Internationale des Journalistes, etc.
D'autres accords seront sollicités, pour associer par exemple des écoles de journalisme, des chercheurs, universitaires...
Un exemple de "répertoire déontologique" (près de 30 cas recensés) a été présenté par Didier Epelbaum, autour de quatre thématiques principales:
- honnêteté de l'information (exactitude, plagiat, bidonnages, etc.)
- conflits d'intérêts (connivences, intérêts économiques croisés, etc.)
- équité /justice (présomption d'innocence, etc.)
- manque d'attention, de respect du public, voire arrogance.
Chaque fiche comprend la datation et la catégorisation du cas étudié ; la description des faits incriminés ; les explications données par les journalistes ; le mention d'éventuelles sanctions ou absence de sanctions ; l'analyse des enjeux et des questions posées par ce cas.
Christian Gautellier, cofondateur d'Information et citoyenneté, a souligné l'intérêt et la motivation du public pour participer à cette réflexion.
Guy Amyot, secrétaire général du Conseil de presse du Québec, a mis en valeur l'utilité d'une veille déontologique pour stimuler les réflexions et faire évoluer les pratiques, dégageant les critères d'une bonne méthodologie à ce sujet.
Si la structure générale des "fiches de cas" a été validée par la discussion générale, en insistant sur l'analyse détaillée des processus ayant conduit à un manquement éthique, cette discussion n'a pas permis de trancher sur les critères de traitement "à chaud" d'affaires en cours, entre l'impératif de prudence (prise de recul) et le souci de traiter l'actualité.
À suivre sur http://apcp.unblog.fr