Notre République et sa presse graviront ensemble les sommets ou bien elles iront ensemble à leur perte. Une presse compétente, désintéressée, peut protéger cette morale collective de la vertu, sans laquelle un gouvernement populaire n’est qu’une escroquerie et une mascarade.
Joseph Pulitzer
16 décembre 2017

Rendez vous les 14, 15, 16 et 17 mars 2018 pour la onzième édition des Assises Internationales du Journalisme et de l'Information de Tours

Archives

Où va l'argent des frais de dossiers


Calcul des cotisations 1 925 877 €, c’est l’argent rapporté par les quelques 40 000 frais de dossiers versées à la Commission de la carte par les candidats et leurs entreprises en 2007. Les droits de dossier à hauteur de 48, 80 € sont réglés pour moitié par les journalistes demandeurs et pour moitié par les entreprises, et ces frais ne sont pas remboursés en cas de refus.

La Commission a le statut d’association régie par la loi de 1901, elle n’est rattachée à aucun ministère même si sa mission lui a été confiée par l’Etat en 1936. Les droits de dossiers constituent donc sa seule source de financement. Cet argent est utilisé pour :

-    les salaires de la quinzaine de salariés, les charges, impôts et taxes 60 %
-    l’informatique 2 %
-    les locaux 6 %
-    l’équipement 5 %.
-    les élections, tous les trois ans 15 %  (en provision)
-    l’imprimerie 3%
-    les frais de réunions 2%
-    les honoraires 2%
-    l’amortissements 7%
-    les commissaires 0%, ils sont tous bénévoles, les journalistes bénéficient d’un crédit de 15 heures pris sur leur temps de travail

Cette répartition est tirée des chiffres rendus publics par la Commission en janvier 2008 pour la période du 1er 2006 au 31 mai 2007. Pour cette période, les charges se sont élevées à 1 916 841 €.

 

La Commission en chiffres


Les 16 CommissairesLes commissaires de la Commission
La Commission est un organe paritaire, composé à égalité de 8 commissaires appartenant au collège des journalistes et 8 commissaires appartenant au collège des employeurs. Leur mandat à la Commission est de 3 ans. Tous sont bénévoles, pour être commissaires ils doivent avoir exercé au moins 2 ans. Lors des Commissions plénières qui jugent les cas litigieux, au moins 5 représentants de chaque bord doivent être présents. Les commissaires votent à la majorité absolue pour valider les dossiers examinés.

Les 8 Commissaires journalistes
Ils sont élus par leurs pairs lors d’un scrutin de liste à deux tours, à la proportionnelle. Le premier tour est réservé aux organisations syndicales. Aux profils variés, les commissaires sont issus de toutes formes de presse ou de l’audiovisuel, avec des parcours régionaux ou parisiens.  Actuellement, quatre des commissaires titulaires sont des membres du SNJ, deux d’entre eux de la CGT, un de la CFTC, et un de la CFDT.

Les 8 Commissaires employeurs

Ils représentent les diverses branches du métier. 6 pour la presse écrite, un pour les agences de presse, un pour les entreprises de communication audiovisuelle du secteur public (et son suppléant dans le secteur privé). Ils sont désignés par les organisations d’éditeurs les plus représentatives (SPP, SPMI, SPPMO, SPQR, SPQD, FNPS, FFAP) et par le ministère de la Communication en l’absence d’organisations représentatives comme pour les entreprises de communication audiovisuelle privée.

Les 38 correspondants régionaux
19 journalistes et 19 directeurs. Ils effectuent un travail d’enquête complémentaire en province.

Les 5 membres de la Commission supérieure 
Composée d’un représentant des directeurs, d’un représentant des journalistes, et de trois magistrats, la Commission supérieure est présidée par un magistrat, conseiller à la chambre honoraire à la cour d’Appel. Le représentant journaliste est élu par ses pairs et le représentant employeur désigné par les organisations représentatives. Le mandat des 5 membres de la Commission supérieure est de 3 ans.

Les 15 salariés permanents
Ils effectuent un travail administratif et ne prennent pas de décision dans l’attribution des cartes.

Le Bureau
Tous les ans, les membres de la Commission élisent un nouveau Bureau qui comprend un président, deux vice-présidents, deux secrétaires généraux et un trésorier. La présidence est assurée de façon tournante entre élus journalistes et représentants des directeurs. Pour le mandat 2007-2008, la présidence est exercée par Eric Marquis, journaliste SNJ.

Mediapart en chiffres


9… € par mois ou 90 € par an. C’est le prix de MediaPart. Les moins de 25 ans, les demandeurs d’emploi et les petites retraites bénéficient d’un tarif préférentiel de 5 € par mois (50 € par an). Les lecteurs qui souhaitent soutenir le site peuvent souscrire à hauteur de 15 € par mois ou de 150 € par an.

26… journalistes, venant pour la plupart de la presse écrite (Le Monde, Libération, 20 Minutes, Les Inrockuptibles, Télérama, La Croix…). Huit femmes et 18 hommes, âgés de 25 à 56 ans. Les trois autres salariés de la société sont la directrice générale Marie-Hélène Smiejan, le directeur technique Marc Savard et le responsable administratif Didier Laforme.

3 450… abonnés à la date du lancement, contre les 3 000 espérés au départ. Les fondateurs du site tablent sur 5 000 inscriptions à la fin du mois de mars, 20 000 à 25 000 à la fin de l’année 2 008 et entre 52 000 et 62 000 au bout de trois ans, délai nécessaire selon la direction pour atteindre l’équilibre financier.

2 968 000… € récoltés avant le lancement du site, auxquelles devraient s’ajouter 700 000 € au cours des trois mois suivants. Les six fondateurs (Marie-Hélène Smiejan, les journalistes Edwy Plenel, François Bonnet, Gérard Desportes et Laurent Mauduit, ainsi que l’universitaire Godefroy Beauvallet) détiennent 60 % du capital, la Société des amis de MediaPart et les investisseurs, 40 %.


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MediaPart : Comment ça marche ?


MediaPart comporte deux pages d’accueil en vis-à-vis : celle du Journal et celle du Club, élaborée par l’ensemble des abonnés. Le Journal est divisé en quatre rubriques : France, International, Economie et Culture et Idée. En dessous de la Une du jour, un semainier présente les éditions des six jours précédents. La colonne de gauche est composée de la Conférence, un digest de l’actualité, et d’une revue du web qui propose des liens vers des articles de la presse française et de la presse étrangère, des rapports… Les articles sont suivis de la Boite noire : un « making-of » qui répond aux interrogations souvent formulées par les lecteurs : pourquoi avoir choisi ce sujet et cet angle ? Faut-il utiliser le « off » et dans quelles circonstances ?

Le Club comprend une plateforme de blogs et des Editions, des journaux thématiques élaborés par les abonnés. Les adhérents peuvent communiquer entre eux. L’accès au Club est gratuit, la participation au Club et l’accès au Journal sont payants.


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Jérôme Garcin : son parcours



Jérôme Garcin (Radio France / Christophe Abramowitz) Jérôme Garcin mène une triple vie. Le journaliste a d’abord collaboré aux Nouvelles littéraires, puis participé à la fondation de L’Evènement du jeudi, dont il deviendra directeur de la rédaction. Il occupera ensuite le poste de rédacteur en chef de L’Express. Depuis 1996, il est chef du service culturel du Nouvel Observateur. Parallèlement à sa carrière en presse écrite, il anime l’émission dominicale culturelle de France Inter Le Masque et la Plume depuis 1989.

Cet homme qui partage sa vie entre Paris et la Normandie est aussi écrivain. Plusieurs de ses ouvrages ont reçu des prix : Pour Jean Prévost (Prix Médicis1994), La Chute de cheval (Prix Roger Nimier 1998) et Théâtre intime (Prix France Télévision Essai 2003). Il a dirigé en 2007 le recueil Nouvelles Mythologies dans lequel 67 auteurs, journalistes et éditorialistes, ont célébré les 50 ans du recueil du sémiologue Roland Barthes, Mythologies

Jean-Pierre Bédéï : L'info-pouvoir

Couverture du livre de Jean-Pierre Bédéï Jean-Pierre Bédéï :
L'info-pouvoir


Editeur : Actes Sud
Date de parution : Février 2008



Pour acheter ce livre, cliquer ici

"Pourquoi j'ai écrit L'info-pouvoir", par Jean-Pierre Bédéï


Alors que nous arrivons au cinquantième anniversaire de la Vème République, il m’a semblé intéressant de mettre en perspective l’évolution des relations sulfureuses entre le pouvoir politique et l’information, principalement  à la télévision, média dominant au cours de ce demi-siècle écoulé. Si les journalistes ne travaillent plus dans l’audiovisuel sous la chape de plomb imposée par le gaullisme, ont-il acquis pour autant une pleine indépendance ? La question méritait d’autant plus d’être posée que depuis une vingtaine d’années, la multiplication des chaînes de télévision, des stations de radio, ainsi que l’émergence d’Internet peuvent laisser supposer que l’information est désormais "libre" et que plus rien ne peut être cachée aux citoyens.

Les documents auxquels j’ai eu accès dans les archives du ministère de l’Information, de certaines personnalités politiques et les confidences que j’ai recueillies auprès de journalistes et d’acteurs de la vie politique prouvent que de manière plus ou moins pernicieuse s’est mis en place progressivement un système, l’info-pouvoir, qui à travers les responsables politiques et leurs chargés de communication, les milieux économiques, les instituts de sondages et certains cadres dans les médias, permet de dissimuler ou de manipuler l’information. On est passé ainsi d’une censure à une autocensure des journalistes favorisant une certaine connivence entre les protagonistes de cet info-pouvoir. Ce livre s’efforce de donner une grille d’analyse pour mieux comprendre le monde médiatique dans lequel nous baignons tous les jours.

Jean-Pierre Bédéï

Dimanche 13 janvier : "Quartiers nord"

 

3 jours de travail et de préparation. Forcément, tout le monde est un peu tendu dans la voiture. Et dans celle des suiveurs. Il faut que ça marche.  Direction le nord, un quartier où plus personne ne va. Et pour cause. Pendant 4 ans, Adamiyah a été le théâtre des affrontements les plus violents de Bagdad. Les miliciens sunnites, ceux d’Al Qaïda, ont combattu tout le monde : les chiites, les sunnites, et bien sûr les américains.

Le ciel est bas. Gris, et fade. Sur la bretelle d’autoroute qui nous amène au barrage à l’entrée du quartier, je vois des toits, et des hommes en armes. Impossible de sortir la caméra, mes gardiens me l’interdisent formellement pour le moment. Toutes les voitures alentours peuvent être suspectes.  Les immeubles marquent le temps des combats : éventrés, troués, à terre. Plus de vitres sur les grands immeubles. Même la chaussée n’a pas été réparée des impacts d’obus de mortier.

Au premier check-point, incrédulité des miliciens : rien à faire ici. Trois canons de kalachnikov flambant neuves sont braqués sur nous.  Mais Muthanna a les bons numéros. Après vérification de toutes les identités, le visage fermé du chef se transforme en sourire accueillant. Comme presque toujours ici… Il faut avoir les codes, les numéros, et ne pas broncher.

100 mètres plus loin, on nous attend devant la mosquée. Cinq hommes en armes, membres de ce fameux "Al Sahwa", qui ont repris le contrôle de la zone. Le 10 novembre dernier, lassés sans doute par la boucherie, un bon nombre de miliciens ont choisi d’accepter l’offre américaine : des armes, de l’argent contre la promesse de chasser Al Qaïda. Pour beaucoup, il s’agissait juste de changer de camp : mathématiquement, les rangs d’Al Qaïda se sont dégarnis au profit d’Al Sahwa. Sauf que tout peut basculer de nouveau. Et personne ne s’en cache. Il suffit rechanger de camp… Avec cette fois des armes neuves et des dollars plein les caches.

Malgré le changement d’uniforme, le message n’a pas changé : les américains doivent partir. "Nous pouvons nous occuper du ménage tout seul. Pas besoin d’eux", dit un jeune, keffieh palestinien autour du coup, et fusil d’assaut dans les mains.  D’ailleurs, les américains ne viennent plus ici. Depuis plus d’un an. A la jumelle, ils observent depuis l’autre côté du pont, dans un quartier chiite. Et même de là, leurs postes ont pris quelques missiles.

Les rues sont calmes. Un peu trop. La vie a du mal à reprendre. Ici, chaque famille, dit-on, a perdu au moins quelqu’un dans les combats. Et toutes les familles s’attendent à une reprise des hostilités dans les semaines à venir. « L’étrange défaite » d’Al Qaïda, rares sont ceux qui y croient.

Nous avons rendez-vous avec quelqu’un. Mais nos miliciens ne nous quittent plus. Je sonne à la porte. Regard effaré de mon interlocuteur : "Je ne peux pas parler devant eux, partez vite".  La peur. Celle, qui malgré les sourires et l’hospitalité, ne quitte pas les regards de Bagdad.
Bonne nuit, bonne journée,

Lucas

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Jean-Marie Charon : Les journalistes et leur public

Couverture du livre Jean-Marie Charon :
Les journalistes et leur public : le grand malentendu


Editeur : Vuibert
Date de parution : Octobre 2007



Pour acheter ce livre, cliquer ici

"Pourquoi j'ai écrit Les journalistes et leur public"
, par Jean-Marie Charon

Au départ des journalistes et leur public, il y a, pour moi, ce baromètre et ce débat sur "la confiance des Français dans leur médias". Je l’ai rencontré en tant que rédacteur en chef de MédiasPouvoirs. Depuis deux décennies, il nous rappelle qu’ "un Français sur deux ne croit pas…". Depuis les choses se sont même dégradées, avec l’exclusion des journalistes de certains lieux de l’actualité (AG ou coordinations de grévistes, banlieues).

L’inventaire des reproches n’est pas difficile à établir. Des missions et rapports d’institutions diverses s’y sont employés à plusieurs reprises, proposant leurs solutions (formation, charte, autorité). Or, j’observe, que tout en acceptant désormais de s’interroger sur leur pratique, les journalistes ont le sentiment que le problème est ailleurs. L’univers professionnel dans lequel ils évoluent a changé brutalement : nature de l’information, attentes du public, techniques utilisées, entreprises de médias, exigences économiques et financières. Et c’est bien à une difficulté toujours plus grande à situer, où et comment, peut s’exprimer leur responsabilité que les journalistes sont confrontés. Face à l’exigence d’une information, "zéro défaut", "responsable", les journalistes répondent : "la meilleure information possible avec les moyens disponibles". Ici gît, à mes yeux, le cœur du malentendu.

Pour en saisir, au plus près la réalité, j’ai voulu entrer dans l’analyse de cas concrets : la fiabilité face à une information complexe (avec la question du rapport aux experts) ; le traitement des violences en banlieue ; l’information sur le politique. Celle-ci, me paraît indiquer la voie pour dépasser la crise actuelle : celle d’un travail interne aux rédactions, bien sûr, celui-ci étant nourri, stimulé par l’ouverture d’un débat public, large et permanent sur les conditions de traitement de l’information. Aucun remède ou instrument miracle donc, mais l’appel à un vaste chantier dans la durée, impliquant largement les acteurs de la société. Car derrière la défiance à l’égard des médias, pour moi, c’est l’une des conditions de la démocratie qui est posée.


Jean-Marie Charon

Alain Joannès : Le journalisme à l'ère électronique

Couverture du livre Alain Joannès :
Le journalisme à l'ère électronique


Editeur : Vuibert
Date de parution : Juin 2007

Blog lié à ce livre : http://www.journalistiques.fr


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"Pourquoi j'ai écrit Le journalisme à l’ère électronique", par Alain Joannès
 

Depuis le 1er septembre 1961, j’ai toujours placé mes conditions de travail au-dessus de toute autre considération, exigence professionnelle non négociable. L’informatique à partir de 1987 puis le web à partir de 1994 ont amplifié mon enthousiasme en m’aidant à mieux gérer le temps. Le temps peut être le pire ennemi ou le meilleur allié du journaliste. Gagner du temps sur des tâches secondaires mais nécessaires, comme la documentation personnelle, c’est se donner la possibilité d’approfondir d’autres dimensions de ce métier : la réflexion, la vérification, l’approfondissement, la créativité. Les outils informatiques et internet favorisent  la régénération des fondamentaux du journalisme. Une expérience jubilatoire. J’ai écrit Le journalisme à l’ère électronique pour transmettre cette jubilation du temps gagné à ceux de mes confrères qui cherchent la qualité. 

Il y a aussi une conviction et un constat. La conviction est que le journaliste doit chercher à s’approprier tous les outils de son propre perfectionnement. Il se trouve que la plupart de ces applications sont électroniques : gestion du temps, moteurs de recherche, collecte, analyse sémantique, enregistrement, montage, classement, travail collaboratif…Par ailleurs – c’est le constat - la crise de la presse quotidienne d’information appelle des solutions de productivité. Certaines de ces solutions passent par le recours à la panoplie électronique du journalisme, sans cesse plus performante. Le journalisme à l’ère électronique est un kit de survie.

Alain Joannès