Notre République et sa presse graviront ensemble les sommets ou bien elles iront ensemble à leur perte. Une presse compétente, désintéressée, peut protéger cette morale collective de la vertu, sans laquelle un gouvernement populaire n’est qu’une escroquerie et une mascarade.
Joseph Pulitzer
18 décembre 2017

Rendez vous les 14, 15, 16 et 17 mars 2018 pour la onzième édition des Assises Internationales du Journalisme et de l'Information de Tours

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A quoi sert... par Philippe Bilger

A QUOI SERT UN JOURNALISTE ?

par Philippe Bilger, Avocat Général près de la cour d'appel de Paris


Philippe BilgerLe journalisme, célébré comme contre–pouvoir ou quatrième pouvoir, fait aussi l’objet, et en même temps, depuis plusieurs années, d’une suspicion aussi bien éthique que technique. Au point qu’on en oublie presque le rôle irremplaçable du journaliste en démocratie.
Celui-ci, qui n’est pas un historien ni un policier ni un juge, partage pourtant avec eux l’exigence de vérité mais a la charge de la satisfaire par des voies qui sont spécifiques. Trop souvent tenté par des aventures intellectuelles qui, loin de le grandir, le font sortir de son champ de prédilection, le journaliste doit accepter de l’être totalement, mais de n’être que journaliste.
Quel talent il convient de porter en soi pour se frayer un chemin, chaque jour, dans le chaos national et international du monde pour tenter de l’ordonner et de le rendre intelligible, en espérant que demain ne détruira pas forcément l’analyse de la veille !
Bien sûr, rien ne plaît plus aux journalistes que l’étiquette de résistants ou de rebelles qu’on leur accole trop volontiers. Parce qu’on les a qualifiés presque mécaniquement de combattants, ils ont eu tendance à s’endormir techniquement, persuadés que les lauriers de la polémique ou du regard critique leur tiendraient lieu de tout.
Le journaliste, à la fois modeste, campé sur ses droits et conscient de ses devoirs, est un  formidable atout pour une République authentique.


Le blog de Philippe Bilger