Notre République et sa presse graviront ensemble les sommets ou bien elles iront ensemble à leur perte. Une presse compétente, désintéressée, peut protéger cette morale collective de la vertu, sans laquelle un gouvernement populaire n’est qu’une escroquerie et une mascarade.
Joseph Pulitzer
14 décembre 2017

Rendez vous les 14, 15, 16 et 17 mars 2018 pour la onzième édition des Assises Internationales du Journalisme et de l'Information de Tours

Carte de presse ?

Une reconnaissance, un outil de travail


Des journalistes débutants me demandent parfois : la carte, à quoi ça sert ? C’est assez simple...

Pour son détenteur, la carte est une attestation de sa qualité de journaliste professionnel. Elle lui sert à  faire valoir les droits reconnus aux journalistes par la loi, les règlements et les accords signés par les partenaires sociaux (Convention collective, minimas salariaux, etc.). Cela explique que la carte est un élément du statut des journalistes adopté par le Parlement en 1935, après des années de combats de la profession. Le statut répondait au souci de définir ce qui distingue le journaliste professionnel des autres collaborateurs de la presse (d’où la fameuse définition légale) et d’obtenir des droits : congés payés, indemnités de licenciement (le "mois par année" - d’ancienneté -, une des plus anciennes revendications), clause de conscience, organisation largement paritaire journalistes/employeurs (matérialisée par un certains nombre de commissions)
A  partir du moment où étaient reconnus au journaliste professionnel un certain nombre de garanties spécifiques, il était indispensable de faire le tri entre les bénéficiaires, les journalistes professionnels, et les autres. D’où la carte, et la commission chargée de l’attribuer. Par exemple, la date de référence pour la première carte permet de calculer quand commence l’ancienneté professionnelle, ce qui se traduit par une prime (Convention collective, art. 23 et 24).

Au quotidien, la carte est surtout un outil de travail pour le journaliste, en particulier celui qui va "sur le terrain". Même si les "accréditations" se multiplient, la carte reste le premier "sésame" pour accéder aux lieux où se collecte l’information et à ses acteurs. Pour toutes ces raisons, la carte est obligatoire : la Convention collective des journalistes (art.6) édicte qu’ "aucune entreprise visée par la présente convention ne pourra employer pendant plus de trois mois des journalistes professionnels et assimilés qui ne seraient pas titulaires de la carte professionnelle de l’année en cours ou pour lesquels cette carte n’aurait pas été demandée".
Enfin, la carte de journaliste professionnel permet aussi d’obtenir la gratuité dans les musées nationaux et dans certaines expositions et salons. Elle offre paraît-il d’autres avantages (réductions pour certains achats) dont il n’existe pas à ma connaissance de liste officielle, et qui contribuent à nourrir le mythe d’une profession de "privilégiés" – mais l’allocation pour frais d’emploi, dont bénéficient les journalistes au moment de payer leurs impôts, ne dépend pas de la détention de la carte.

En conclusion, je dirais que l’intérêt de la carte est aussi qu’elle symbolise l’unité d’une profession soumise a contrario à un éclatement croissant (sur les plans économique, technologique, social…).

Eric Marquis
Président de la CCIJP (Commission de la Carte d'Identité des Journalistes Professionnels)