| Combien de journalistes en France ? |
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Les statistiques de la CCIJP au 4 janvier 2011 (source: bulletin de l'APCP n°4, février 2011, CCIJP) Les statistiques annuelles de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP) permettent de visualiser (voir tableau ci-dessous) les effectifs de la profession et leur évolution. Si le nombre de cartes s'est accru en dix ans de 4265 (+13 %), il est pour la première fois en diminution ( de 1%) par rapport à l'année précédente ! La crise qui a frappé les médias, en particulier la presse écrite, s'est répercutée en 2010 et traduit des évolutions structurelles de l'emploi chez les professionnels de l'information. Quels en sont les éléments majeurs ? La première baisse du nombre des cartes. Elle est due pour partie à la diminution des effectifs dans un certain nombre de rédactions, et à la faiblesse des embauches. D'autre part les sorties du métier (surtout par départ à la retraite) n'ont jamais été aussi fortes et elles ne sont compensées qu'à 80% par les nouveaux entrants dans la profession ; il y a eu en 2010 978 sorties du métier de plus qu'en 2000, soit une augmentation de 80%…
En outre, les statistiques de la CCIJP ne rendent compte qu'imparfaitement de la transformation des emplois : un nombre grandissant de professionnels, des jeunes notamment, n'accèdent pas à un statut leur permettant d'obtenir la carte de presse ; c'est le cas par exemple de ceux qui sont contraints à prendre un statut d'auto-entrepreneur pour obtenir un travail ou de collaborateur sans le droit au statut de pigiste, sans compter les « stagiaires » effectuant le travail d'un salarié… Le nombre de femmes a augmenté. Ce sont en effet les hommes qui sont touchés par la baisse des effectifs, et pour la deuxième année consécutive : - 440 (-1,9%), alors que le nombre de femmes est très légèrement en hausse (+21, +0,1%). La féminisation de la profession est une constante depuis longtemps ; en dix ans le pourcentage de femmes est passé de 39,7% en 2000 à 44,9% en 2010. La précarité en légère hausse. Contrairement à une idée largement répandue, la précarité n'est pas en augmentation galopante chez les journalistes, du moins parmi les possesseurs d'une carte professionnelle. Le nombre de pigistes et de chômeurs a augmenté en valeur absolue mais assez faiblement en taux. Les pigistes représentent 20,1% de l'effectif total fin 2010 (19,4% en 2009, 18,8% en 2000). Les chômeurs représentent 4,1% (3,8% en 2009, 3,3% en 2000), ce qui est très inférieur au taux national de demandeurs d'emploi. Où sont passés les diplômés des écoles reconnues ? Les statistiques de la commission sont à cet égard troublantes. Les écoles reconnues par la profession sont plus nombreuses (8 écoles au début des années 1990, 13 aujourd'hui), et donc les diplômés plus nombreux, et pourtant leur poids est de plus en plus faible dans le nombre des nouveaux entrants, et même en diminution : 225 en 2010 contre 307 en 2007… Ils représentent 12,3% des nouvelles cartes, alors que ce pourcentage a tourné longtemps autour de 15%. Beaucoup de questions derrière de tels chiffres. Y.A.
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