| Guillaume Herbaut |
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| 12-09-2008 | |
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Il s’agissait tout d’abord de créer un espace de liberté et de
réflexion autour de la photographie. Dans la presse écrite il y a de
moins en moins de place pour la photo. On voulait créer un espace qui
permet de prendre le temps de regarder les travaux des photographes,
pour que le travail soit compris dans son ensemble et pas seulement à
travers une double page dans un magazine. On voulait aussi que la revue
ne soit pas seulement celle des photographes. C'est pour cela qu'on a
fait appel à des journalistes, des écrivains, un historien. Nous
voulions que cette réunion donne un contenu qui fasse réfléchir. Chaque portfolio aborde la thématique mais le regard, la façon d’aborder la violence sont différents. Avec les six photographes choisis, on peut parfois voir la violence simplement dans le regard des gens ou dans les paysages. Je pense que face à l’horreur des images, on a souvent deux types de réaction : le refus total - on ferme le magazine - ou bien on s’oblige à regarder, et à force de regarder, on est totalement vacciné par ces images. Il faut arriver à trouver un équilibre entre l'horreur brute et en même temps il ne faut pas qu’elle soit banalisée. Il faut accompagner le témoignage d’autre chose, afin que la violence soit comprise ou plutôt que la photo qui montre cette violence explique pourquoi elle a eu lieu. On assimile trop souvent le photographe au justicier, celui qui a le "regard juste". Mais ce statut de héros ne fait pas du tout réfléchir les gens. Pour faire réfléchir, on ne doit pas seulement montrer les pauvres dans la rue, mais plutôt essayer d’expliquer pourquoi cette personne est à la rue et pourquoi le système dans lequel on vit l’a mise à la rue. Je pense qu’aujourd’hui nous sommes dans une société basée sur l’image, une société de plus en plus lisse. Or la photo ne doit pas être lisse justement, afin de provoquer une réflexion. ![]()
Propos recueillis par Tiphaine Bellambe
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