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Alors que le religieux semble frappé de discrédit ou suscite, au contraire, un intérêt croissant, l’évolution des médias religieux semble se passer de plus en plus sur le web : à l’instar des médias et des « nouvelles technologies » en pleine évolution, radios, télévisions et journaux religieux se fondent dans le net, explorant les possibilités d’émissions « posdcastables » (à enregistrer sur son ordinateur), blogs, streamings (lecture au fur et à mesure des vidéos et des sons sur internet), chats ou forums consultables aux quatre coins de la planète. Le site croire.com d’accompagnement spirituel pour abonnés est, en ce sens, tout à fait novateur dans son approche. La chaîne catholique KTO a développé des liaisons web sécurisées pour des directs, une régie mobile HD ultra légère, le numérique depuis six mois, sans compter un site en 2.0. Les sites guysen.com (juif) et oumma.com (musulman) drainent plus de 500 000 internautes par mois et diffusent de la vidéo dans les conditions du direct. Les sites évangéliques sont très présents sur la toile (ou diffusés sur le câble), produits en France ou aux Etats-Unis et sous-titrés en français. Les exemples sont très nombreux.
Il semble ainsi que la plupart des médias de conviction religieuse réussissent à prendre le virage de la modernité, confrontés à la prise de vitesse de l’information sensible ou affective (via les SMS, portables ou l’Internet) qui met parfois sur la sellette la véracité des informations journalistiques. Et si certains lecteurs craignent l’embrigadement, les biais, les parti-pris de ces médias de conviction religieuse, d’autres reconnaissent volontiers leur qualité et conçoivent même, s’ils en avaient les a priori, qu’ils ne sont pas si « ringards » que ça.
Les lecteurs traditionnels des médias religieux, eux, pourront peut-être, à l’avenir, exiger davantage de réflexion théologique et spirituelle dans le traitement de l’actualité : le temps dira si le monde sécularisé en a besoin ou non, si les intuitions ou impulsions de création de certains médias sont dépassées ou se reproduisent : comme l’engouement, en 1948, du Comité français de Radio-Télévision (CFRT) à produire l’émission Le jour du Seigneur qui annonçait l’Evangile sur le petit écran : pour son fondateur visionnaire et dominicain, ce programme diffusé en direct à l’antenne devait évangéliser un public déchristianisé. 3 600 messes télévisées plus tard, sa diffusion est toujours d’actualité.
Avec ses programmes vidéos, l’Internet semble déjà presque prendre le pas sur la télévision : le CFRT (produisant Le jour du Seigneur) ne voit-il pas se développer son site de vidéos à la demande, jds.tv ? Son site jourduseigneur.com (dont l’objectif, avec le streaming (lecture au fur et à mesure des vidéos et des sons sur internet) est de développer la télévision par internet) n’est-il pas en très forte progression, avec 120 000 visites par mois ? Les informations du site juif guysen.com ne sont-elles pas très consultées ? Quand à oumma.com, le succès du site et de ses vidéos n’est plus démontrer. Jean-Pierre Mouton prédit un avenir à la télévision locale sur le web et KTO a déjà pourvu sa rédaction d’une régie mobile Haute définition ultra légère, développé son site internet en 2.0 pour permettre aux internautes de regarder la chaîne en direct plein écran : « le développement actuel de cette chaîne, en télévision, via le Web et sur d’autres supports (téléphonie mobile par exemple) est le fruit de l’analyse et de la volonté des évêques français. La télévision catholique, et ses déclinaisons vidéo numériques, ne sont qu’au tout début de leur âge…», confie Philippine de Saint-Pierre.
« Les Eglises et les religions sont toujours porteuses de paix », estime Nacer Kettane : « le monde religieux est en pleine effervescence et lorsque nous sondons nos auditeurs, nous nous apercevons qu’ils sont en attente de divertissements, de sports et de programmes religieux. », confie-t-il. « Cette demande de sens et de connaissances marque le 21e siècle : ces programmes religieux que nous diffusons sur la chaîne Méditerranée, par exemple, ont un audimat important. Ils sont l’expression d’une émergence française de la confession musulmane qui ne demande pas mieux que d’être mieux considérée. Une télé musulmane marcherait très fort ! Il y a donc une vraie demande pour les émissions religieuses : nous le voyons sur Beur TV (5e chaîne la plus regardée par la population arabe et musulmane). Et c’est l’avalanche de questions des auditeurs à Beur FM pendant le ramadan, avec des pics de consultations du site internet. Les autres médias doivent aborder cette réalité : l’émergence en France d’une confession musulmane qui ne demande pas mieux que d’être considérée comme tout un chacun ».
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