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Numéros spéciaux,
soirées électorales dans les radios et les télévisions... Les rédactions
françaises se mobilisent pour couvrir les élections municipales et cantonales. Mais les
journalistes de l’Hexagone ne sont pas les seuls à s’intéresser à
l’actualité politique française. A l'occasion de cet événement, journalisme.com vous
présente le travail et les réflexions de correspondants étrangers en
poste à Paris.
Quatrième témoignage : Iouri Kovalenko, correspondant à Paris du quotidien russe Izvestia..
Photo : Courtesy TV5Monde
Comment allez-vous traiter les élections locales françaises dans votre quotidien ?
Les élections locales ne sont pas vraiment un sujet qui nous préoccupe énormément. D’abord, c’est très difficile à expliquer aux lecteurs russes parce que les systèmes politiques locaux ne sont pas du tout les mêmes. Nous attendons d’avoir les résultats pour faire des papiers. Nous analyserons alors les nouveaux rapports de force sur le plan national. Mais, je n’aurai pas beaucoup de place. Notre traitement sera comparable au traitement que fait la presse française des élections régionales russes : ça ne compte pas beaucoup.
Quelles différences constatez-vous entre la France et la Russie ?
Je ne constate pas beaucoup de différences dans la façon de travailler des journalistes russes et français. Il y en a tout de même quelques unes. Par exemple, je ne comprends pas le tutoiement entre journalistes et politiques. C’est inenvisageable à Moscou. Ce serait inadmissible. Mais ici, le monde médiatico-politique est tellement resserré, il y a une grande promiscuité. Quand on pense à Christine Ockrent, compagne de Bernard Kouchner, nommée à la tête de France Monde... Je trouve que cela ne correspond pas vraiment à l’idéal qu'on se fait d’une démocratie.
Et dans le traitement de l’information ?
Nous ne consacrerions jamais deux ou trois pages aux élections d’une ville ou d’une région dans un quotidien national. Le traitement ville par ville, comme on peut le lire ou l’entendre en France, n’intéresse pas du tout la Russie en général. Cela tient peut-être à la taille de notre pays. Les distances sont tellement grandes. De manière générale, les Russes lisent beaucoup les journaux locaux. Ils n’ont donc pas besoin de lire ces informations dans la presse nationale.
Quelles critiques pourriez-vous formuler vis-à-vis de vos confrères français ?
Les journalistes français ne sont pas très courageux. Dans les conférences de presse, ils ne posent pas les questions qui font mal, qui embêtent. Mais, c’est quand même bien mieux qu’en Russie ! Nous devrions prendre exemple sur les journalistes britanniques ou américains. Eux ont du courage. Il faut de l’audace, toujours de l’audace.
Propos recueillis par Maxime Mamet
Le site du quotidien russe Izvestia
Iouri Kovalenko contribue à la rubrique "Le Kiosque" du site de TV5 Monde
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