Oct
12
2008


"Notre République et sa presse graviront ensemble les sommets ou bien elles iront ensemble à leur perte. Une presse compétente, désintéressée, peut protéger cette morale collective de la vertu, sans laquelle un gouvernement populaire n’est qu’une escroquerie et une mascarade."

Joseph Pulitzer  

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Une journée avec Nicolas Louis, reporter à "L'Eleveur laitier" Version imprimable Suggérer par mail


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Nicolas Louis, l’un des 500 journalistes agricoles de France,  travaille pour L’Eleveur laitier, mensuel spécialisé du groupe France agricole. Ce magazine affiche l’une des meilleures progressions de la presse agricole recensée par l’OJD avec 38 899 exemplaires diffusés en 2007, soit plus 3% par rapport à 2006
.


Il apprend son métier sur le tas. Comme beaucoup de journalistes spécialisés de la presse agricole, Nicolas Louis, 31 ans, n’a pas suivi la formation classique en école de journalisme. Ingénieur agricole de formation, il a travaillé un temps chez un assureur avant de tomber sur une offre d’emploi pour un poste de journaliste à L’Eleveur laitier, mensuel spécialisé du groupe France Agricole. La suite de son histoire n’est pas le fruit du hasard. Nicolas aime l’écriture et ses parents sont d’anciens éleveurs de vaches laitières à Plumelin, dans le Morbihan. Il sera embauché tout de suite. Pour cette presse qui se spécialise par grands secteurs de culture et d’élevage, connaître le milieu agricole et les nouvelles techniques devient quasiment indispensable. "Les agriculteurs demandent à ’être au fait d’informations scientifiques très pointues", raconte Nicolas Louis. Les rubriques génétiques sont ainsi devenues incontournables dans les journaux consacrés à l’élevage "afin de permettre aux éleveurs de selectionner les vaches les plus productives". Pour le prochain numéro de L’Eleveur laitier, Nicolas Louis couvre les concours agricoles du Salon de l’agriculture à Paris. Ce qui l’intéresse se sont les championnes laitières. Les vaches aux meilleures mamelles, les profondeurs de poitrines les plus intéressantes en vu de produire un maximum, les bassin les plus larges pour un meilleur vêlage…Commentaires du jury et photos à l’appui viendront orner les pages "concours" de la rubrique génétique.

nicolas_louis_portrait_150.jpgAu quotidien, les reportages ont rarement lieu à Paris. Deux à trois jours par semaine, Nicolas parcourt la France pour réaliser ses sujets chez les éleveurs.  "Le reportage type consiste à aller voir un ingénieur, un laboratoire qui présente une nouveauté, la décrypter, puis l’illustrer avec un exemple de terrain". La rédaction de L’Eleveur laitier est basée à Paris mais trois des cinq journalistes qui la composent travaillent en province, à Caen et en Bretagne. Le rédacteur en chef, basé à Besançon, n’hésite pas non plus à mettre la main à la pâte.

Une fois par mois, les cinq journalistes se réunissent à Paris pour préparer les sujets des prochains numéros lors de la conférence de rédaction. Dans cette presse spécialisée, pas de flux de dépêches. "Je ne consulte jamais l’AFP, explique Nicolas. Je propose de nouveaux sujets sur la base de ce que j’apprend auprès de mes contacts : les ingénieurs en élevage, les coopératives, les organismes agricoles. Nous suivons également l’actualité européenne, celle de l’OMC et les nouvelles lois françaises nous concernant".

nicolas_louis_portrait3_150.jpgEmbauché en CDI comme la majorité de ses collègues de la France Agricole, Nicolas Louis n’a pas connu la précarité des premières piges. Il est surpris lorsqu’on évoque le problème avec lui. Il croise rarement les journalistes de presse généraliste. La dernière fois, c’était lors d’une conférence de presse pour la sortie de La Saga Lactalis, le livre de Marcel Urion, ancien directeur général du grand groupe laitier. "Les Echos et Challenge étaient présents. Ils l’ont interviewé sur la stratégie économique du groupe. Du coup, j’ai du attendre la fin de la conférence pour poser mes question plus spécifiques sur la filière lait." Un peu gêné, il avoue que les deux mondes se fréquentent très peu. "Pourtant on fait le même métier, vous ne trouvez pas, non ?" Sans amertume, plutôt admiratif, il ne refuserait pas de travailler pour un média généraliste d’ici quelques années. Ses appréhensions dans le métier : le délicat passage au web, la pression des communicants et de la publicité…Finalement, les soucis des journalistes se ressemblent.

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Bahar Makooi

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