Notre République et sa presse graviront ensemble les sommets ou bien elles iront ensemble à leur perte. Une presse compétente, désintéressée, peut protéger cette morale collective de la vertu, sans laquelle un gouvernement populaire n’est qu’une escroquerie et une mascarade.
Joseph Pulitzer
16 décembre 2017

Rendez vous les 14, 15, 16 et 17 mars 2018 pour la onzième édition des Assises Internationales du Journalisme et de l'Information de Tours

Actualité

Dimanche 23 septembre : "Retour"

 

Les peurs sont vite oubliées. Il en reste un souvenir diffus, une mémoire inscrite quelque part. Dès le décollage de Jessica,  un sentiment de culpabilité  fait surface.

Les adieux ont eu lieu en plusieurs temps. Avec les techniciens du  directs, à 3 heures et demie du matin, sur la terrasse du Sheraton.  Je venais d’entendre dans  mon oreillette les Nations Unies enterrer tout espoir de retour rapide en Irak. J’étais le seul à entendre. Je craignais qu’ils ne m’écoutent attentivement. J’avais envie qu’ils parlent entre eux pour ne pas entendre ce que ce j’allais expliquer. Mais Muthanna s’est chargé d’écouter. "D’après ce que l’on peut comprendre pour le moment de la réunion présidée par Ban Ki-Moon et Nouri Al-Maliki, il s’agit encore de promesses sans engagements, et si tout le monde souhaite le retour des Nations Unies en Irak, personne ne l’envisage sérieusement à court terme, tant que le niveau de violence est aussi élevé".

Dès le direct terminé, Muthanna a traduit aux autres. Il est venu vers moi en haussant les épaules. "Tant pis, on continue à y croire, on a pas le choix". Moment de tristesse, vraie. Nuit noire sur la ville, en dehors des deux projecteurs qui me font face. Ils commencent à ranger le matériel, sans un mot. J’essaye de détendre l’atmosphère. Ils s’y attendaient, sans doute.

Chafickh, le chef, est le premier à vouloir oublier. Il prend mon appareil et commence à mitrailler : "Il te faut des souvenirs, parce que tu n’auras peut-être plus envie de revenir". Photos de groupe, puis un par un, à côté de moi. J’ai été une parenthèse, dans leur quotidien dramatique et anxiogène d’une chaîne de télé irakienne.
La séance photo s’éternise. Je n’ai plus envie de dormir. Il y a un peu d’air sur la terrasse. On reste à discuter, à échanger les e-mails, à parler de la France, de l’Irak. Une patrouille américaine passe en contrebas, ralentit. Collectivement, nous l’ignorons.

Dans deux heures, début de l’opération "départ".  Après une longue série de recommandations des uns  à l’autre et de l’autre aux uns, retour dans ma chambre. Impossible de dormir. Je sais que Muthanna et les gardes du corps, dans la chambre à côté, mangent avant le lever du soleil en préparant la sortie de l’hôtel et la route de l’aéroport.

Fenêtres grandes ouvertes, je guette tous les signes. Pour les garder. Pour me souvenir des nuits de Bagdad en septembre 2007. De ces infimes bruits qui rompent la monotonie des hélicoptères. Une voix, parfois, près du fleuve. Qui parle ? A qui ?  Un bruit de moteur : un courageux ou un fou qui brave le couvre-feu. A quoi pensent les irakiens, quand ils ne dorment pas ?

A l’aube, tension. L’un des policiers, chargé d’amener la voiture, est en retard. Il ne répond pas. Muthanna est furieux, et inquiet. Toute son organisation semble compromise. Une demi-heure passe. Une heure. Plan B déclenché. Finalement le chauffeur arrive. Il était bloqué à un check-point, et ne voulait pas répondre à son téléphone pour ne pas attirer l’attention. Tout le monde se calme.  Mes bagages sortent en premier. Sans moi. 20 minutes plus tard, c’est à moi de partir. Très rapidement, avec deux gardes du corps. Je m’engouffre dans la voiture prête à partir. Walid, le chauffeur, a repéré le trajet un peu plus tôt. Il faut éviter les bouchons. Sortir de la ville. Je suis encore plus tassé que d’habitude. Je me rappelle l’après-guerre, quand nous quittions Bagdad vers Amman ou le Koweït, en voiture et en musique, tranquilles ou presque.

Sur l’autoroute, Walid fonce. Les gardes du corps aussi. Ne pas être doublés. Ne pas donner prise. De l’autre côté de la route, un immense embouteillage. Une jeep américaine a sauté sur un IED, une bombe placée sur le bord la route. L’avant n’existe plus.  Walid observe les énormes pick-up de Blackwater venir porter secours à l’armée des Etats-Unis. Il balance la tête, d’un côté, de l’autre, l’air de plus rien comprendre. A ces bombes, ces morts, ce pays. Je sais qu’il rêve de monter dans l’avion à ma place.

10 kilomètres, puis le premier barrage de l’aéroport. Encore 5 à faire, mais ce sera seul, dans un autre taxi.
Muthanna , Walid, Abbas, Abou Ahmad, et Mohammed, doivent faire demi-tour. Sur le bord de la route, encore des adieux. Les policiers vont retourner dans leurs commissariats. Muthanna à 300 kilomètres de Bagdad, où il a caché sa femme et sa fille.
Je me fais l’effet d’un lâche, qui laisse ceux qui m’ont permis d’être en Irak, de travailler, et de raconter.
Eux retournent dans l’enfer de Bagdad. Moi, pas.

Tristesse, dans leurs regards. Dans le mien, certainement. J’accélère les adieux. Mais il y a encore dix check-points. Des chiens anti-explosifs, des fouilles au corps, des fouilles de bagages. Encore des chiens. A côté, l’aéroport Ben Gourion à Tel Aviv est une passoire.

Jessica est là, en bout de piste. Même équipage. Pendant que l’avion monte, en vrille (mais on s’habitue), j’essaye de penser à la bière que je vais boire à  Amman. Je sais qu’elle sera un peu trop amère.

En bas, deux colonnes de fumée sur la route de Fallujah. Une dernière palmeraie, et le désert irakien.

Bonne nuit, bonne journée.
Lucas 

Samedi 22 septembre : "Les murs de Bagdad"

 

A New York, ils sont en train de s’interroger sur la reconstruction de l’Irak. Mais par où commencer ? Reconstruire quoi ? Les maisons ou les hommes ?  Les irakiens prennent la réunion à l’Onu très au sérieux. Ils s’y accrochent comme un dernier espoir. Le retour de l’Onu, ce serait la fin du tête à tête avec les américains. Je dis à Muthanna que ça va prendre du temps. "Le temps, on l’a. Ca fait quatre ans que c’est horrible. S’ils reviennent, on se dit qu’on est pas perdus".

A Bagdad, pas de besoin de reconstruire. Il suffit d’élever des murs. Des blocs de béton que l’on pose dans toutes les rues, devant les maisons, les quartiers. On dit ici que 600 panneaux de béton arrivent chaque jour à l’aéroport. Bagdad est emmurée. Cette semaine, les américains en ont construit un de plus. Sur 5 kilomètres, pour séparer Chola, chiite, de Ghazaliyah, sunnite. L’armée du Mahdi de Sadr attaquait les maisons sunnites de l’autre côté de l’avenue. Alors on les a séparés. Un mur de 4 mètres de haut. Ca n’empêche pas les mortiers. Mais ça empêche les hommes de passer. Quelques check-points. Des caméras, des patrouilles de la police. Et le tour est joué. Sauf que des familles chiites se retrouvent du mauvais côté. Elles avaient la mauvaise idée d’habiter chez les sunnites. Pas le temps, sans doute, de les reloger.

Normalisé, un pays emmuré ? Oui, les violences diminuent un tout petit peu. Il est plus difficile d’aller assassiner son voisin d’en face en pleine journée. Mais l’avenir qui se prépare derrière les murs  est inquiétant. Des marmites, d’où on ne sort plus. On ne voit plus les autres. Ceux qui ne pensent pas exactement pareil. Ceux qui ne sont pas protégés par les mêmes milices. « ce n’est pas de reconstruction dont on a besoin, mais de gens qui forcent les politiques et les religieux à travailler ensemble », explique le technicien du son juste avant un direct, ce matin.

Le gris du béton, c’est la couleur de Bagdad. Ces murs qu’on ne peut pas montrer, mais que l’on voit tout le temps.  Il suffit de s’approcher avec une caméra pour être chassé. A chaque fois. Nous avons essayé toute la semaine. Pour montrer les murs, les séparations. Le regroupement ethnique. A chaque fois, interdit. Militaires américains, irakiens, policiers :  "dégagez, interdit de filmer". Il ne faut pas que l’on sache que Bagdad vit dans les murs. Dernière tentative. Muthanna n’y croit pas, moi non plus. Mais on tente. Non seulement c’est interdit, mais c’est dangereux. Explication limpide : "S’il y a des murs, c’est qu’il y a des milices, et plus il y a de murs, plus il y a de milices". Muthanna sourit. A peine arrivés dans le quartier, demi-tour. Sa connaissance des visages, des ambiances, des problèmes : tout lui indique qu’il ne faut pas rester. Il n’y aura donc pas de reportage sur les murs. Mais ils existent. Je le jure. Et c’est terrifiant.

Je pense que les américains en ont assez. Assez de me voir écrire à la lumière de l’écran du portable, assis sur le balcon. A regarder les hélicos passer. A noter combien, quand, vers où. A tâcher de comprendre le ballet.
Il y a un quart d’heure, deux blackhawk à une centaine de mètres de moi. Le deuxième un peu plus haut, toujours. Ils passent, et tirent des leurres. Un rouge, un blanc.

Et là, tout de suite, un seul hélico. Comme s’il fonçait sur l’hôtel. Droit devant. Arrivé à 50 mètres, il tire deux grenades. Bruit assourdissant, puis étouffé par l’eau du Tigre. Puis deux fusées. Encore des leurres. Rouge, blanc. Peut-être pour me rappeler qu’ils me voient comme en plein jour. Et que je les agace. Le blackhawk vire, et rentre se poser. Je ne bouge pas. J’attends. Pas de raison qu’il soit interdit d’écrire en Irak sur un balcon.

Peut-être… peut-être que certains pilotes, certains miliciens, à force de se tuer, en  ont oublié que c’est ici que l’écriture a été inventée. Ici, sur les rives du Tigre et de l’Euphrate. A Ur, Ninive, Babylone, que les premiers, des hommes se sont dits qu’il fallait laisser une trace des conversations, du commerce, des comptes. Ici que l’on se faisait la guerre, en s’écrivant des lettres. Sur des tablettes en argile, avec un poinçon. C’était le cunéiforme. Et c’était la civilisation.

C’est là, aussi, qu’un roi, Hammourabi, a décidé que ce serait bien d’avoir un code. Le premier de l’Histoire.  Des lois, pour régir la vie. Pour ne pas se tromper. Pour juger, et décider. Le code d’Hammourabi, c’est comme ça qu’ils l’appelaient.

La loi, quelle loi, aujourd’hui ? Qui décide ? Qui tranche. Quand Maliki décide de renvoyer Blackwater, Washington décide que les soldats privés restent.
Quand les parlementaires décident de se parler, de s’écouter, les miliciens tuent les voisins, humilient les lois, et polissent leurs mortiers.

Les sumériens, parfois, écrivaient sur des stèles. Pour le plaisir de la civilisation. Pour marquer l’importance d’un évènement.

Des stèles hautes comme des murs.

Bonne nuit, bonne journée,
Lucas 

Vendredi 21 septembre : "Choléra"

 

La chaleur a un peu baissé ce soir. Un tout petit peu. Il est presque 11 heures et il ne fait plus que 32 degrés. Je me suis installé sur le balcon. Je regarde dans le Tigre les reflets des projecteurs de la zone verte. Au loin, j’entends des explosions. Ce sont des mortiers. Et devant moi, des ombres décollent et passent. Les hélicoptères volent sans lumières. Ce soir, c’est par groupe de 5. Ils partent tous vers le sud, avec un crochet étrange, pour éviter un point qu’eux seuls identifient.

En face de moi, cette zone verte. Une autre ville. Elle fascine. Je regarde, souvent,  pour tenter de percevoir un changement. Rien. Les anciens palais de Saddam sont hérissés d’antennes, de barbelés, de miradors. La nuit, en scrutant bien, je discerne des lumières dans les bâtiments, presque des veilleuses. Un soldat qui lit ? Un diplomate qui téléphone ? Un ministre irakien qui rédige ses mémoires ? Cette zone verte est un mystère. Des immenses avenues, des palais décorés, des salles de réception format Versailles. Et des murs en béton, tout autour.

Entre elle et l’hôtel, le Tigre et ses berges. De hautes herbes qui ont permis à des combattants de se cacher, en 2003. Aujourd’hui, il n’y a aucun moyen d’accéder au fleuve sur plusieurs kilomètres en amont et en aval de la zone verte. Plus de pêcheurs. Plus de restaurants de poissons le long du fleuve.

En tendant bien l’oreille, on entend les aboiements des chiens, et parfois un miaulement de chat. Ce sont les ordures qui les attirent. Il n’y pas, ou plus, d’éboueurs à Bagdad. Les déchets sont brûlés, mais il faut que le tas vaille le coup.
Bagdad est éventrée. Les canalisations sont rompues. Les rats courent sur les trottoirs.  Les ordures débordent. Mais qui s’en soucie ?  Pas le temps. La guerre prend tout : le courage, les hommes, l’initiative, l’envie. "Dès qu’ils le peuvent, les gens dorment", dit Muthanna. Pour oublier, se réfugier, rêver.

Rêver qu’il n’y aura pas d’épidémie de choléra. Premier cas ce matin à Bagdad. Une femme de 25 ans, dans un hôpital du centre-ville. Et deux cas suspectés. La maladie vient du nord, du Kurdistan. Elle y a touché 1500 personnes cet été.
C’est ça, la "normalisation". Une ville, un matin, se réveille avec le choléra.Ici, elle peut devenir épidémique en quelques semaines. "Si c’est vrai, c’est une catastrophe absolue", m’explique un médecin de l’hôpital Yarmouk. Muthanna n’y croit pas . "Non ! Le Choléra ? Mais tu es sûr ? Où tu as lu ça ?". Finalement, même Al-Jazeera en parle. Pour les irakiens, c’est LA référence. Il y a donc le choléra.  Je me renseigne : en temps normal, la maladie se soigne bien, et vite. Les conditions sanitaires irakiennes ne sont pas normales. Pas plus que les ordures partout. L’eau qui croupit.
Le chlore, pourtant, permet de tuer la bactérie. Mais son importation est interdite. Le chlore sert aussi à faire des bombes.

C’est les bombes ou le choléra.

Vers 17 heures, il y a un événement  à l’hôtel. Un couple de mariés est arrivé. La trentaine tous les deux, avec un vieux monsieur et un petit garçon comme accompagnateurs. Ils vont donner leurs papiers à la réception. Elle a l’air gênée par son immense robe blanche et sa traîne. Le hall est vide, bien sûr. Ils prennent tous l’ascenseur. Il s’arrête au cinquième. Et dix minutes plus tard, ils redescendent tous, sauf elle. La mariée, dans sa chambre, doit attendre le retour de son époux. Nuit de noce à Bagdad.

Nous étions en route pour la piscine. Elle a fermé de nouveau. Aujourd’hui, pas de négociations. Et pas d’explications. Le patron est embêté. Les gardes du corps frustrés. Moi, je me demande pourquoi. Le choléra ?  

Bonne  nuit, bonne journée.
Lucas 

Jeudi 20 septembre : "Piscine"

 

Une Mercedes grise, vitres fumées. Immédiatement derrière, une BMW noire, vitres fumées. Elles roulent sans bruit, mais plutôt vite. Elles accélèrent, s’engagent dans l’avenue Abou Nawas, qui longe le Tigre. Elles sont seules, l’avenue est fermée à la circulation. Elles glissent sur le goudron. Le soleil se reflète dans les ailes nettoyées. Une chicane de murs en béton, qu’elles passent doucement. On remonte une herse. Les voitures s’engouffrent par un gigantesque portail en acier dans la cour d’un immeuble.

J’observe de mon balcon. Je vois tout. Les dizaines de gardes armés. Les tourelles, les mitrailleuses lourdes pointées vers les 4 directions. Les caméras de surveillance.
Les portières de la Mercedes s’ouvrent. Deux hommes en costume descendent. Ceux de la BMW sont déjà dehors, fusil d’assaut le long du corps. Toutes les portières sont fermées avec le même son lourd : des voitures blindées.

Des hommes importants, et leurs gardes du corps. Je me penche encore, pour les voir entrer dans le bâtiment, puis disparaître. C’est fini. Muthanna me dit que c’est une maison qui appartient aux iraniens.

Ce matin, les américains ont arrêté un agent iranien, de la "force Al Qods", qui aurait fait entrer en Irak des explosifs et des terroristes. Téhéran nie. Washington tonne. Comme un air de déjà vu.

La ville est silencieuse, aujourd’hui. Il fait tellement chaud que personne n’a envie de se retrouver coincé dans un embouteillage. Il n’y a plus de convois diplomatiques : les américains essayent de se faire discrets, et les soldats de Blackwater sont confinés à l’ambassade. Pas pour longtemps : personne ne croit vraiment que le gouvernement irakien aura gain de cause contre les amis de Dick Cheney.
Interdits de convois routiers, les diplomates et les généraux convoyés depuis 4 ans par Blackwater sont obligés de se déplacer en hélico. Toute la journée, c’est une navette héliportée. Pas un instant où il n’en décolle pas un de la zone verte, en face de ma chambre. Les murs tremblent, ils volent bas pour aller vite d’un point à un autre. Au bout de quelques heures, c’est assourdissant.

Dans tous les messages, on me demande s’il y a une vie "normale" à Bagdad. La réponse est non, sauf si on place la normalité à  deux voitures piégées par jour, et 20 personnes à la morgue le soir. Et qu’on considère qu’une ville striée de murs en béton est normale. Des murs ethniques, qui cloisonnent, séparent, trahissent. Qui veulent empêcher les attentats mais attisent la haine.

Hussein a 12 ans. Son père a été tué il y a deux ans et demi, en sortant d’une mosquée. Avec sa mère, il est réfugié à l’autre bout de Bagdad, chez un oncle. Sa vie est normale, il va à l’école tous les matins. «  Sur le chemin de l’école, je mets ma main sur mon cœur pour me protéger. Au retour, je remets ma main sur mon coeur ». Toute la journée, sa mère se demande s’il va rentrer. Normal.

Mais oui, il y a des médecins, des avocats, des profs et des étudiants. Mais deux millions d’irakiens réfugiés à l’étranger. Et deux millions réfugiés à l’intérieur, dans leur pays.

 
Muthanna entre dans ma chambre 5 minutes avant notre départ. Cette fois-ci, je m’y attendais. "Tu ne viens pas avec moi, ça devient trop dangereux. Il n’y a personne dehors. Ils vont te repérer". Je fais semblant d’argumenter. Il fait renforcer la sécurité, et passe ses coups de fil.

Le major et ses hommes viennent discuter du nouveau dispositif dans ma chambre. "Ma fi mouchkélé". Il n’y a pas de problèmes.

Alors, on va nager ? Ils me prennent pour un fou. Personne n’a ouvert la porte qui donne sur la piscine du Sheraton depuis des mois. J’insiste et exige son ouverture auprès du directeur.
Elle a l’air propre. Je plonge. Les gardes du corps hésitent, rigolent, et me rejoignent. Tous anciens paras de l’armée de Saddam, ils savent à peine nager. Ils me demandent de rester plus longtemps à Bagdad pour leur apprendre le crawl.  On se marre bien. Le major me remercie. Il ne s’était pas baigné depuis 2002.

Bonne nuit, bonne journée.

Lucas 

Mercredi 19 septembre : "Qui connaît Marouan Khazal et Reem Zeit ?"

 

Personne. Ils sont journalistes et irakiens. Ils travaillent pour la chaîne Al Sumaria. Ils ont été kidnappés à la sortie d’une interview en février 2006. En 19 mois, il n’y a eu aucune demande de rançon, aucune revendication.

Dans les locaux de cette télé, leurs portraits sont affichés. Comme dans toutes les histoires d’otages. Mais les irakiens n’ont pas le temps de se mobiliser. Le directeur de l’information dit qu’il a essayé de contacter tout le monde, même l’ONU. Il n’a jamais eu de réponse. Et puis les otages, en Irak, c’est tous les jours : pour un peu d’argent, ou un peu de pression. Mais souvent, les otages disparaissent des radars. Complètement. Il n’y a plus de chiffres officiels, les compteurs se sont emballés. Entre les attentats et les enterrements, les otages sont passés au second plan.

Ce matin, tous nos rendez-vous ont étés annulés. Je m’inquiète, demande à Muthanna de rappeler, encore et encore. Mais les gens ont peur de nous parler. Même de nous voir. C’est risqué pour leur réputation, dans le quartier. Muthanna tente de convaincre, d’argumenter. Nous serons discrets. Nous ne restons pas longtemps. «  Non. Désolé ». On arrête d’insister.

Direction Al Sumaria, la Sumérienne. Je me dis que la presse qui regarde la presse, ce n’est jamais très conseillé. Mais ici, ce n’est pas pareil. Parce que la situation est unique. Journaliste et irakien, c’est l’un des pires métiers du monde.
192 journalistes depuis mars 2003 : le conflit le plus meurtrier dans l’histoire de la presse. 99% d’irakiens, inconnus du public mondial. Ceux qui sont en vie sont tous menacés. Par tous le monde. "On a des pressions de tous les côtés, c’est dur, mais ça nous rend crédibles", dit le patron de l’info.
Dans la rédaction, je suis accueilli comme un roi. Les journalistes connaissent France 24, ils regardent la chaîne arabe. Ils me demandent : "et celui-là, il est sympa. Et celle-là, elle est aussi belle en vrai qu’à l’écran ?"…   

Puis on parle de sécurité. Ils me demandent où je loge, si j’ai peur, comment je suis protégé, etc… Je suis mal à l’aise. Eux ne se protègent pas. Ils partent sur le terrain, avec des précautions de base. Ils bossent. Ils reviennent. Ou pas.
Ils sont attaqués de tous les côtés : les milices qui les haïssent, et cherchent à les faire fuir en leur tirant dessus, et les américains qui se méfient et braquent leurs canons sur tous les objectifs qu’ils croisent dans leurs viseurs. Ils reçoivent des menaces, chez eux ou au boulot.
Pour mon tournage, ils ne mettent que deux conditions. Pas de plans extérieurs du bâtiment. Et pas de localisation. Chez nous, les médias s’affichent. Ici, ils se cachent. Une bonne vingtaine de gardes armés entourent le bâtiment.

Je demande à un des responsables de la chaîne si ce n’est pas trop dur d’être à ce point enfermé (il dort au dessus de son bureau et ne sort qu’une fois par semaine en voiture blindée). "Non. Enfin, si. Le bâtiment est non-fumeur, et ça,c’est dur".

Ce soir, pendant un direct, sur la terrasse du Sheraton,  une colonne de blindés américains passe derrière moi. Un hélico les protège. Il se met à tirer des fusées éclairantes. Puis une rafale de mitrailleuse, je ne sais pas dans quelle direction. Il fait nuit noire. Pas d’électricité dans le quartier.  Un autre hélico par derrière. Il passe au-dessus en rase-mottes. Je n’entends plus rien dans mon oreillette.  Le puissant projecteur qui m’éclaire leur permet de me voir comme en plein jour. Moi, je ne les vois pas. Tout en parlant, je repense aux journalistes irakiens. Et j’ai la trouille.

Bonne nuit, bonne journée.
Lucas 

Mardi 18 septembre : "Mardi, pas de sortie"

 

Coup d’éclat du premier ministre à peine le café terminé. Maliki interdit à Blackwater de travailler en Irak. La plus grande compagnie de guerriers privés est allée trop loin, il y a quelques jours… Dans le centre de Bagdad, les mercenaires surarmés et surpayés escortent des diplomates américains. Un carrefour. Que se passe-t-il ? Les versions divergent, mais 9 personnes sont tuées par Blackwater. Dont 8 civils, qui passaient par là.

Cela dit, expulser Blackwater, ça ne va pas être simple : et pour cause, la compagnie est chargée de toute la protection de l’ambassade Américaine. Demain, les diplomates américains sans protection ?

Les irakiens sont ravis. Enfin, des hommes sans lois ni ordres sont punis. Entre eux, ils appellent les soldats privés  "les Mossad". Ici, on ne peut pas faire plus insultant.

Il faut aller dans un café parler avec des irakiens.
Muthanna s’arme de ses téléphones, moi de la caméra. Les gardes encore endormis nous suivent vaillamment, et Walid nous attend au coin de la rue. Je me cache derrière un mur en attendant le signe convenu pour traverser la rue et monter dans la voiture.

Il est 9h30. Le sol tremble. Les arbres bruissent du souffle de l’explosion. Une voiture piégée à quelques rues de là. On ne voit rien. Mais on entend. Après l’explosion, les mortiers. Ca barde. Série de coups. Puis, silence. Et les sirènes. Bilan : 7 morts, 23 blessés. L’attentat a eu lieu sur le parking d’une morgue. Les familles venaient chercher les morts de la veille.

Muthanna hume l’air. Passe des coups de fils. Parle avec les gardes du corps, très vite, l’air énervé. Il hésite. Moi aussi. Eux aussi.
Pas le temps d’hésiter longtemps : une autre explosion, plus lointaine (3 morts, 5 blessés). L’air déçu, Muthanna me recommande de rentrer à l’hôtel. C’est pas un bon jour. Je rentre, penaud. Il va filmer seul.

Je retente ma chance plus tard. Mais là, ce sont les gardes du corps qui interviennent. "Pas de sortie aujourd’hui pour toi". Casser la routine, ne pas sortir tous les jours,  rester peu planqué : ils ont raison.

Comme ils sont sympas, ils m’ont ramené une pleine caisse de Miranda, le Fanta irakien. J’adore le Miranda, ça égaye le poulet,  mais je crois que j’aurais du mal à venir au bout de la caisse…

Du coup, je décide de marcher un peu autour de l’hôtel, entre les murs de protection. Ma balade ne dure pas longtemps : des meutes de chiens errants à la recherche de quelque chose à manger m’empêchent d’aller plus loin. J’imagine qu’ils attendent le poulet dont je ne voudrais pas. Ils n’ont vraiment pas l’air avenants. Je rebrousse chemin, et eux, le poil.

Plus tard, entre deux directs sur "l’affaire Blackwater », mon portable sonne. C’est l’ambassade. Un type qui refuse de s’identifier me pose des questions avec un ton qui ne laisse guère de doute sur son métier : sécurité, hôtel, sorties, voiture « quelle marque, quelle couleur, quelle année ?". Il finit par me hurler dessus. Furieux contre la presse, les télés, etc… Il m’annonce qu’une note est envoyée à Paris pour exiger mon départ de Bagdad.

Sale journée.

Pourquoi pas un Miranda, tiens, pour changer ?

Les portes de l’ascenseur s’ouvrent. Stupéfaction. Le mot est faible : 3 femmes irakiennes, la trentaine, sans voile, portable et petit sac à main. Belles. A peine esquissé un "Salaam" qu’elle rigolent.  "Ameriki ?" "Fransaoui"… Et de rire encore plus.

L’ascenseur est lent, dieu merci. Je profite de leur joie, de leur sourire et de leurs yeux. Je leur demande ce qu’elles font… Pas de réponse claire.  Je leur proposerais bien de boire un verre. Mais il n’y a pas de bar, et de toutes façons,  c’est le ramadan. Les portes s’ouvrent de nouveau. Je dois descendre. "Take care", lance la plus hardie des trois. Je ne sais pas quoi répondre. Je les regarde disparaître, sans savoir.
Ni d’où elles viennent. Ni où elles vont.

Retour à la chambre 307.

Bonne nuit,  bonne journée.

Lucas 

Lundi 17 septembre : "Lundi, c’est Curry"

 

Ce matin, le patron de l’hôtel m’a foncé dessus. Pour m’annoncer que ce soir, "c’est spécial". Pour l’iftar, la rupture du jeûne, il a demandé au cuisinier de préparer du poulet au curry. Bon, c’est toujours du poulet (il n’y a que ça), mais au moins, avec quelque chose… Inch’allah

Je commence à avoir mes habitudes. Après le direct en plein soleil, à neuf heures du matin, on prend un café dans ma chambre, avec Muthanna. On essaye de voir ce qu’on peut faire. Quand. Comment. Avec qui. A quelle heure.

Un moment, on s’est tu. On a écouté une série d’explosions pas loin. Des coups sourds. Les vitres qui vibrent. Les hélicos qui décollent par groupe de deux. Sans doute une série de roquettes tirées depuis un pick-up en direction de la zone verte. La plupart du temps, elles s’écrasent à côté de leur cible. C’est juste histoire de rappeler aux diplomates et  militaires enfermés dans les anciens palais de Saddam qu’ils ne sont toujours pas les bienvenus. Au cas où ils en doutaient…

Et la discussion reprend, comme si de rien n’était. Au programme aujourd’hui : un reportage sur une patrouille anti-attentats dans un quartier du centre.
Muthanna s’arme de ses deux portables (un pour chaque réseau disponible) et passe ses coups de fils. Ca dure, il rit, il se fâche, il raccroche, il rappelle.
Et puis il lâche : "c’est bon, j’ai trouvé, mais il va falloir payer". Qu’à cela ne tienne, au point où on en est !

Mais notre chef garde du corps (Ahmad, major dans la police, corrompu et sympa)  fait la moue. Il ne fait pas confiance aux militaires que l’on va voir. Qui, eux, ne font pas confiance aux policiers. Ca se complique.
On se détend : j’explique à Ahmad qu’il restera à l’écart, et qu’il nous surveillera de loin.

Deux heures plus tard, départ. Je m’installe, comme tous les jours, bien au fond de la banquette arrière de la vieille voiture de Walid. On arrive au check-point sans problèmes. Les soldats nous attendent, mais le sergent est en retard. Il est chez le coiffeur… Il veut être beau pour la télé française.

Sa jeep blindée parle toute seule : deux énormes impacts de roquettes. Un de chaque côté. Le blindage a tenu le coup.

J’ai du mal à avoir des réponses simples à des questions précises : le nombre d’attentats, l’équipement, les techniques pour repérer les voitures suspectes…. A chaque fois, le sergent se lance dans de grandes explications politiques. Tous les dirigeants sont des nuls. A commencer par le premier ministre chiite. "Et vous, sergent, vous êtes quoi ?"  "Chiite, bien sûr"….

Une demi-heure sur place. Une éternité. Une petite brise souffle sur l’avenue. Les gens sourient, me font des signes. Je voudrais bien en profiter. Mais… il faut rentrer. Quand je lui donne ses billets, le sergent me prend la main : «  Chirac, no good. Charkozy, very very good ! »

De retour à l’hôtel, content d’avoir pu sortir et de pouvoir rentrer… Envie d’une douche glaciale. Mais les robinets ne délivrent rien. Coupure d’eau. "C’est pour tout le quartier", me dit la réception.

Alors tant pis, allons voir si le curry existe vraiment. La salle de bal du Sheraton est dressée. Les nappes sont sales, plus personne ne pense à les laver. Les serveurs empressés ne savent plus par où commencer. Eau, pain…eau, pain : ils ont l’air un peu perdus : à force de ne jamais vraiment travailler, on dirait qu’ils ont peur de faire une bourde. Et toujours pas de curry.

L’électricité tombe en panne. Le groupe électrogène permet juste au lustre de briller, sans éclairer. Immense salle de restaurant dans la pénombre. Deux clients et dix serveurs.
Au bout d’une demi heure à observer les ombres, les assiettes arrivent.

C’est bien du poulet au curry. "Pardon, monsieur, c’est froid".  Je me demande si en laissant l’assiette un quart d’heure dehors, sous le coucher de soleil, le dîner pourrait chauffer… Mauvaise idée, les chats me le volerait.
Le poulet au curry est infect.  Mais au moins, il y a du curry. Ca change.

Le sujet pour la matinale est monté dans le noir, à la lueur de l’écran de l’ordinateur. Il reste quelques lumières de secours dans les couloirs, mais plus d’ascenseur. Les lumières de secours agonisent, puis s’éteignent.

Plus d’eau, plus de courant, et plus de climatisation. La batterie de l’ordinateur faiblit. Il faut aller se coucher. Je me penche à la fenêtre : toute la ville est dans le noir. Sauf la zone verte. Les puissants projecteurs américains éclairent le mur d’enceinte. Comme une prison.
Une zone verte éclairée, au cœur de Bagdad sans lumières.

Plus un bruit à l’intérieur  de l’hôtel. Noir total.  Dehors, parfois, une rafale de kalachnikov déchire  la nuit. Combat ou mariage ?

Bonne nuit, bonne journée.

Lucas 

Dimanche 16 septembre : "Sunday, bloody Sunday"

 

Après la bombe, le massacre continue. C’est la nouvelle technique des terroristes en Irak.

Ce matin, à Mansour, sur l’une des rares places où les magasins sont ouverts, une voiture piégée explose.
Déflagration, sirènes, arrivée des forces irakiennes, survol par un hélicoptère américain : les irakiens connaissent le scénario par cœur. Mais pendant que les blessés  et les morts sont évacués, une fusillade éclate. Les auteurs de l’attentat se sont installés sur place pour contempler leur bilan, et en profitent pour l’alourdir à la mitraillette. Le combat avec les soldats dure près d’une heure.
Au total, 9 morts et 19 blessés. Pas un soldat touché. Pas un insurgé à terre. 9 morts et 19 blessés, tous civils.

Avec Muthanna, on décide de bouger. Le Sheraton rend neurasthénique. Mais pour faire un reportage  (un bien grand mot dans ces circonstances)….patience.
Muthanna est parti en éclaireur. Je voulais passer la rupture du jeûne, l’Iftar, avec des gens normaux. Pas des soldats, pas des serveurs, pas des policiers, pas des gardes du corps. Des irakiens, en vrai.

Il a trouvé une famille qui accepte. Mais il  faut qu’il aille leur demander de ne rien dire (les irakiens ont tendance à prévenir tout le quartier pour tout évènement, pour le faire partager, ce que nous cherchons justement à éviter…). Puis il  repére le meilleur trajet, et tente de savoir s’il risque d’ y avoir un embouteillage.

Deux heures plus tard, il revient, et nous mettons en branle la caravane. Pour sortir du Sheraton, et retrouver le chauffeur : un bon quart d’heure. Il faut contourner les murs anti-roquettes, marcher au milieu des décombres d’un hôtel ravagé par un attentat il y a quelques mois, et traverser une rue que tous les Bagdadis empruntent à fond.

Nous roulons vers Karrada, un quartier devenu un peu plus calme. Premier barrage de police. Et petite suée : les policiers n’ont pas l’air très avenants, et demandent mon passeport. Walid, le chauffeur, a l’air très angoissé. On passe. "Ce sont des faux policiers", explique calmement Muthanna. Visiblement, ceux-là n’avaient rien contre la France…

Devant la maison des Dawood, qui nous accueillent, on ne traîne pas. Juste le temps de faire un plan extérieur, et quelques types arrivent, l’air de rien, pour voir… Moi, j’ai pas envie d’être vu.

Nos hôtes sont charmants, comme toujours. Ils me demandent pourquoi je prends le risque de venir les voir. Pendant qu’on discute, deux énormes Blackhawks américains survolent le quartier. Une habitude.

La nuit tombe, il faut faire vite. Ne pas s’attarder. Les Dawood sont vexés qu’on ne mange pas avec eux.  Tant pis.

Tous phares éteints, on reprend la route. Différente. Jamais deux fois le même trajet.

Certains quartiers ont un peu de lumière. D’autres, plongés dans l’obscurité. Je distingue les formes d’un char au coin d’une rue. Présence ni rassurante ni inquiétante. Juste une vision tellement normale à Bagdad. On se réhabitue vite.

Brusquement, une rue un peu animée. Un magasin tout illuminé qui vend des jus de fruits. J’ai envie de m’arrêter, mais Walid me sourit dans le rétro. "pas ce soir, il est trop tard".  Il n’est même pas 19 heures. L’heure, à Bagdad, de se cacher.

Bonne nuit, bonne journée,
Lucas 

Lucas Menget - sept 07

Lucas Menget Témoignage remarquable, merci à Lucas Menget, grand reporter à France 24, de nous offrir le premier de ces "Carnets de reportage".

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Pub ou pas ? France 2 et Radio France réagissent

Châteauneuf et Pellegrini

  Il y a quelques mois le Président de France Télévision se battait pour une nouvelle coupure publicitaire en soirée. Le président de Radio France réclamait l’ouverture de ses antennes à la publicité commerciale. Dans les rédactions on dénonçait cette atteinte aux principes du service public. Dans le grand tohu-bohu de sa conférence de presse Nicolas Sarkozy a balayé ces vieilles querelles. Il n’y aurait plus de publicité dans l’audiovisuel public.

Toutes celles et ceux qui n’ont pas été consultés affirment s’en réjouir, mais que pensent les rédactions de ce joli contre-pied ? Face à face pour Journalisme.com : Nicolas Chateauneuf, président de la SDJ de France 2 et Vincent Pellegrini, président de la SDJ de Radio France. 

 

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Th. Renaudot

Theophraste Renaudot
Fondateur de la célèbre Gazette, il détient la paternité du premier grand titre de presse français. Mais on lui doit également la création du "bureau des adresse", première agence pour l'emploi destinée aux plus défavorisés. Le prix littéraire qui porte son nom est actuellement un des plus prestigieux de France.

 

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Albert Londres

Albert Londres
Cité en exemple par de nombreux journalistes,  Albert Londres est la référence absolue en matière de reportage. Il a arpenté les routes de l’Inde, de la Palestine, de l’Indochine, des Balkans, mais aussi dénoncé les méfaits de la colonisation en Afrique, la traite des blanches en Argentine… Depuis sa mort, un prix qui porte son nom récompense les plus grands journalistes français.

 

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